Bourse : ce que vous devez savoir avant d’y placer votre argent

Allocation d'actifs

Avr 19

La Bourse vous intrigue ? Elle vous attire par les rendements qu’elle vous promet mais elle vous effraie par les risques qu’elle implique ? Mais savez-vous vraiment ce qu’est la Bourse ? A quoi ça sert ? Comment y placer son argent ? Réponses ici.

 

La Bourse est un marché financier

« Un marché financier est un marché sur lequel des personnes, des sociétés privées et des institutions publiques peuvent négocier des titres financiers, matières premières et autres actifs, à des prix qui reflètent l’offre et la demande. » (Wikipédia)

 

Les marchés financiers, ce n’est pas si compliqué

source : lafinancepourtous IEFP

 

Les marchés financiers peuvent être distingués selon les modalités de confrontation de l’offre et de la demande. Lorsqu’un acheteur et un vendeur souhaitent conclure une transaction, ils peuvent le faire sur un marché de gré à gré ou sur un marché organisé.

 

Les marchés de gré à gré

Sur un marché de gré à gré, l’acheteur et le vendeur sont en relation directe. Les transactions se déroulent de façon bilatérale et les règles de fonctionnement des échanges sont fixées par les deux parties. Il en découle des contrats sur mesure et des frais de transactions qui sont moindres que sur un marché organisé.

Sur un marché de gré à gré, selon les parties qui négocient, les prix peuvent différer pour un même produit. Par ailleurs, les contractants ne sont pas protégés d’une faillite de l’autre partie. De même, rien ne pourra empêcher l’acheteur ou le vendeur de décider de ne pas honorer le contrat conclu. Les marchés de gré à gré reposent donc sur la confiance que s’accordent les contractants.

Les marchés de gré à gré concernent notamment les produits dérivés, le marché obligataire, et le marché des changes. Ainsi, le marché secondaire obligataire est essentiellement un marché dominé par les transactions de gré à gré. Les intervenants, acheteurs ou vendeurs, interrogent plusieurs établissements « teneurs de marché » qui leur transmettent des prix à la vente ou à l’achat, à charge pour eux de choisir ensuite l’intermédiaire qui leur aura fait la meilleure offre.

 
Marché primaire et marché secondaire

Le marché primaire est celui sur lequel les nouveaux titres financiers sont émis et souscrits par des investisseurs ; on y procède donc aux augmentations de capital, au placement d’emprunts obligataires… Il s’agit d’un marché du neuf des titres financiers.

Le marché secondaire est celui sur lequel sont échangés entre investisseurs des titres financiers déjà créés (sur le marché primaire). En assurant la liquidité des investissements financiers, le marché secondaire assure la qualité du marché primaire et l’évaluation des titres financiers. Marchés primaire et secondaire sont complémentaires.

source : Les Echos / Vernimmen.net

 

Quant au marché des changes, c’est un marché où la quasi-totalité des opérations sont réalisées de gré à gré. Les courtiers et les banques négocient directement les uns avec les autres, sans intermédiaire boursier. Les particuliers comme les entreprises doivent faire appel à leur banque pour avoir accès au marché des changes.

Qu'est-ce qu'un produit dérivé ?

Un produit dérivé ou contrat dérivé est un instrument financier :

  • dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un autre produit appelé sous-jacent ;
  • qui requiert peu ou pas de placement initial ;
  • dont le règlement s’effectue à une date future.

Ce produit consiste en un contrat entre deux parties, un acheteur et un vendeur, qui fixe des flux financiers futurs fondés sur ceux d’un actif sous-jacent, réel ou théorique, généralement financier.

source : Wikipédia

Pour en savoir plus

source : Fondation Croissance Responsable

 

Les marchés organisés : la Bourse

Sur un marché organisé, l’acheteur et le vendeur ne négocient pas directement. Ils placent des ordres d’achat et de vente. Ces ordres sont ensuite centralisés au sein d’une chambre de compensation pour aboutir à un prix d’équilibre.

 

 

La chambre de compensation intervient comme contrepartie centrale unique. Elle s’interpose entre acheteurs et vendeurs et leur garantit la bonne exécution des opérations. Elle évite ainsi tout risque de défaillance.

 
La supervision de la chambre de compensation

Les missions de la chambre de compensation

D’une manière simplifiée, la chambre de compensation (LCH.Clearnet SA pour la France) s’interpose, par le mécanisme de la novation, entre l’acheteur et le vendeur en devenant le vendeur face à l’acheteur et l’acheteur face au vendeur. Plus précisément, la chambre de compensation s’intercale entre ses adhérents compensateurs, qui sont les intermédiaires financiers devant régler et livrer les transactions négociées. Elle assume donc le risque de défaillance de l’une des contreparties en se substituant à celle-ci. Si l’adhérent compensateur ne livre pas les titres, après avoir mis en œuvre une procédure de relance, la chambre les acquerra en lieu et place de celui-ci afin de livrer la partie non défaillante. Elle apporte la garantie réciproque au vendeur. En cas de faillite d’un adhérent compensateur, la chambre prend à sa charge l’ensemble des obligations de celui-ci.

Pour gérer ce risque de contrepartie, la chambre calcule et prélève des marges auprès de l’adhérent compensateur. Celles-ci ont pour vocation de couvrir le risque de perte si l’adhérent n’est pas en mesure de livrer les titres ou de payer les sommes dues. Si ces appels de marge s’avéraient insuffisants, la chambre pourrait puiser dans un fonds de garantie préalablement constitué par les contributions financières des adhérents compensateurs. Ces deux mécanismes permettent ainsi de garantir la solidité financière de la chambre.

La chambre de compensation peut également avoir une fonction de simplification du règlement livraison en calculant une position nette globale des transactions négociées sur le marché qu’elle compense. Par adhérent compensateur et par titre financier, elle dégage le solde à livrer ou à recevoir par l’adhérent. Une seule instruction de règlement livraison est émise quel que soit le nombre de transactions exécutées au cours de la journée de négociation. Les flux de règlement livraison sont donc considérablement réduits.

Les obligations de la chambre de compensation

La chambre de compensation enregistre les transactions exécutées sur le marché réglementé ou le système multilatéral de négociation qu’elle compense. Elle calcule et appelle auprès de ses adhérents le montant des couvertures qu’ils doivent verser.

Elle doit assurer la surveillance des positions. En cas de défaut d’un adhérent compensateur, c’est-à-dire, lorsqu’il n’honore pas le paiement des couvertures ou lorsqu’il fait l’objet d’une procédure collective, la chambre de compensation procède à la liquidation d’office des positions ou au transfert d’office à un autre adhérent des positions des donneurs d’ordres de l’adhérent défaillant, ainsi que des garanties correspondantes.

source : AMF, Autorité des Marchés Financiers

 

Certains marchés organisés sont en outre réglementés par une autorité de contrôle qui édicte des règles de comportement et vérifie leur application. Cette réglementation concerne entre autres les conditions d’accès au marché et d’admission à la cotation ainsi que l’organisation des transactions.

L’organisation et le fonctionnement des marchés financiers réglementés sont assurés par des entreprises de marché. Celles-ci fixent les règles de fonctionnement et d’admission au marché en se conformant à la réglementation de l’autorité de contrôle des marchés financiers (AMF en France). L’entreprise de marché gérant le marché parisien est Euronext Paris qui fait partie du groupe NYSE Euronext.

Euronext et les marchés réglementés français

Les marchés réglementés français Euronext Paris sont gérés par l’entreprise de marché Euronext. Conformément à l’article L. 421-10 du code monétaire et financier, Euronext établit, pour chacun de ces marchés, des règles qui assurent des négociations équitables et ordonnées et une exécution efficace des ordres. Les conditions d’accès au marché et d’admission aux négociations des instruments financiers sont également décrites dans ces règles qui sont approuvées par l’AMF et publiées sur le site internet de l’entreprise de marché.
La filiale française, Euronext Paris SA, d’Euronext gère 3 marchés réglementés : un marché actions (Euronext Paris) et deux marchés de produits dérivés, le Monep et le MATIF, regroupés sous l’appellation Euronext Liffe.

Euronext Paris est un marché réglementé qui accueille la négociation des actions, des obligations, des warrants et des trackers. Il est divisé en 4 compartiments selon la capitalisation boursière de l’émetteur et qui relèvent de règles d’admission et de négociation différentes :

  • Compartiment A : sociétés dont la capitalisation est supérieure à 1 milliard d’euros ;
  • Compartiment B : sociétés valorisées entre 150 millions et 1 milliard d’euros ;
  • Compartiment C : sociétés inférieures à 150 millions d’euros ;
  • Un compartiment dit « professionnel ».

source : AMF, Autorité des Marchés Financiers

 

Il existe aussi des marchés organisés non réglementés, comme par exemple les systèmes multilatéraux de négociation (SMN). Ces systèmes obéissent à des règles établies par le gestionnaire du système (prestataire de services d’investissement ou entreprise de marché) mais n’obéissent à aucune autorité de contrôle. Ils doivent néanmoins être agréés par l’AMF ou l’ACPR. Les autorités examinent, en particulier, les règles de fonctionnement du système, le type d’opérations envisagées, la structure de l’organisation, les moyens humains et matériels mis en œuvre, le dispositif de règlement livraison, le cas échéant, les mécanismes de compensation des transactions exécutées au sein du système et le dispositif de contrôle interne.

Par ailleurs, les SMN sont supervisés par l’AMF. L’AMF peut notamment s’opposer à leur mise en application de leurs règles si elle estime qu’elles ne sont pas compatibles avec les dispositions réglementaires. 5 systèmes multilatéraux de négociations agréés en France : Euronext Growth et le Marché libre qui admettent à la négociation des actions ; MTS, NYSE BondMatch et Galaxy qui permettent la négociation d’obligations.

Un exemple de système multilatéral de négociation : Euronext Growth

Euronext Growth offre un accès alternatif aux marchés financiers pour les entreprises de taille moyenne (PME-ETI) qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour satisfaire les conditions d’un marché réglementé, en leur proposant un marché boursier fiable avec plus de flexibilité en termes de réglementation.

Ce marché n’est pas un marché réglementé au sens des directives de l’Union Européenne. Il s’agit d’un système multilatéral de négociation (Multilateral Trading Facility – MTF) exploité sous le nom commercial d’ Euronext Growth par l’opérateur de marché compétent à Bruxelles, Lisbonne et Paris.

Les sociétés cotées sur Euronext Growth bénéficient d’un marché avec des exigences de cotation allégées et des règles de fonctionnement innovantes, garantissant aux investisseurs la sécurité et la transparence. Euronext Growth est structuré et fonctionne dans un environnement de négociation centralisé pour toutes les sociétés cotées, renforçant ainsi la transparence financière. Il fournit également des possibilités de sortie pour les sociétés de capital-investissement et pour les investisseurs de capital-risque.

source : Euronext

 

Ce qui est communément appelé « La Bourse » correspond à la partie organisée des marchés financiers. Ainsi lorsque vous investissez en Bourse, vous investissez sur un marché organisé qui vous assure

  • la facilité des échanges par la concentration du plus grand nombre possible d’ordres d’achat et de vente.
  • L’égalité entre tous les intervenants par la transparence et l’accès instantané au marché.
  • La sécurité, par la garantie que les acheteurs seront livrés et les vendeurs payés à date déterminée (recours à une chambre de compensation).

La Bourse, ne saurait donc être réduite aux seules actions (pour rappel, une action est un titre de propriété qui représente une partie du capital de l’entreprise qui l’a émis). Investir en Bourse, c’est aussi investir sur

  • Des obligations : Une obligation est un titre de créance émis par une entreprise ou un Etat. Émettre des obligations, c’est contracter un emprunt auprès des investisseurs sur les marchés financiers. Détenir une obligation, c’est prêter de l’argent à une entreprise ou à un État.
  • Des OPC (Organisme de Placement Collectif) : Les OPC sont des portefeuilles de valeurs mobilières (actions, obligations, etc.). Ils sont gérés par des professionnels (sociétés de gestion) et détenus collectivement sous forme de parts par des investisseurs particuliers ou institutionnels. Les OPC offrent la possibilité d’accéder à un portefeuille diversifié de valeurs mobilières.
  • Des produits dérivés, c’est-à-dire des produits dont l’évolution dépend d’un autre actif, le « sous-jacent ». Parmi eux, les trackers qui répliquent l’évolution d’une valeur support, un indice boursier le plus souvent.

Tous ces produits se distinguent (entre autres) par leur niveau de risque. Ainsi, les actions sont plus risquées que les obligations, tandis que les OPC et les trackers offrent toute la palette des risques. Si vous investissez en Bourse, vous pouvez donc choisir vos titres de manière à ajuster le risque de votre portefeuille au niveau souhaité (le niveau de risque que vous êtes prêt à accepter).

Accéder à la Bourse

Vous disposez de plusieurs enveloppes pour investir en Bourse : compte titres, assurance vie, PEA, voire PERP. Chacune possède ses avantages et ses inconvénients. Pour un comparatif de ces différentes solutions, vous pouvez téélcharger ce tableau comparatif.

 

La bourse, quelle utilité ?

La Bourse est un lieu de financement pour les entreprises, les états ou les collectivités (émission d’actions ou d’obligations). Elle joue donc un rôle primordial dans l’économie puisque les entreprises y trouvent une partie des capitaux nécessaires à leur expansion tandis que l’État y finance le déficit de ses comptes. Par ailleurs, la Bourse permet aux particuliers de faire fructifier leur épargne.

La Bourse est aussi un lieu propice à la spéculation, ce comportement visant à gagner de l’argent en achetant puis en revendant en bénéficiant d’une évolution favorable des prix. Cependant, si les spéculateurs souffrent d’une image détestable, leur comportement peut se révéler utile. Il n’est en effet pas possible de se couvrir contre un risque sans que d’autres acceptent de l’assumer.

S’il faut des spéculateurs, leur poids doit néanmoins rester raisonnable. Une spéculation trop importante risque en effet de déstabiliser les marchés financiers en créant une bulle spéculative dont l’explosion aura des effets ravageurs.

Qu'est-ce qu'une bulle spéculative ?

Une bulle économique, bulle de prix, bulle financière, ou encore bulle spéculative, est un niveau de prix d’échanges sur un marché excessif par rapport à la valeur financière intrinsèque (ou fondamentale) des biens ou actifs échangés.

Dans ce genre de situation, dite parfois « exubérante », les prix s’écartent de la valorisation économique habituelle sous le jeu de croyances des acheteurs.

Il y a bulle à partir du moment où la logique de formation des prix devient essentiellement « auto-référentielle » et où le raisonnement d’arbitrage entre les différents actifs ne s’applique plus : un prix démesurément élevé aujourd’hui se justifie uniquement par la croyance qu’il sera « plus élevé demain », alors que la comparaison avec les prix d’autres actifs ne peut le justifier.

Illustration : les grandes phases d’une bulle spéculative

source : Wikipédia

 

La bourse, c’est risqué

La Bourse est donc le lieu où s’échangent des instruments financiers, dont le prix est défini en fonction de l’offre et de la demande. Si l’organisation du marché offre une sécurité (existence d’une chambre de compensation), les prix peuvent varier à la hausse comme à la baisse. En Bourse, aucune garantie de récupérer l’intégralité de votre capital investi.

Pourquoi prendre des risques ? Parce que ces risques sont récompensés par un rendement plus élevé que celui des placements sans risque. Rendement et risque étant positivement liés, prendre des risques peut se révéler payant à condition de prendre certaines précautions.

    1. Surveiller ses placements : Dès lors qu’il existe un risque de perte en capital, il n’est pas possible d’investir en Bourse comme on épargne sur un livret A. Alors que vous pouvez laisser votre argent dormir sur un livret A et avoir la certitude de récupérer l’intégralité de votre capital augmentée des intérêts accumulés chaque année, vous ne pouvez investir en Bourse sans vous en préoccuper. Le suivi de vos placements en Bourse devra être d’autant plus précis et attentif que vous investirez sur des supports risqués.
    2. Prendre des risques en fonction de son profil de risque : La Bourse permet d’investir dans des titres et instruments dont les niveaux de rendement et de risque diffèrent. Ainsi, les actions des pays émergents (qui présentent un couple rendement-risque élevé) côtoient les OPC monétaires dont le risque et le rendement sont quasi-nuls. Cette diversité de rendements et de risque permet à chaque investisseur de panacher ses investissements afin d’obtenir un couple rendement/risque compatible avec son profil et ses objectifs.
    3. Connaître son profil de risque et ses objectifs : Avant d’investir en Bourse, vous devez donc définir votre profil de risque et vos objectifs. Vous devez savoir pourquoi vous voulez investir en Bourse. Vous devez également définir votre horizon de placement et combien vous pouvez investir.
    4. Investir en Bourse peut être une opération fructueuse et rentable si vous respectez quelques principes simples. Si vous ne vous en sentez pas capable, parce que vous n’en avez ni le temps ni l’envie, alors faites-vous accompagner. Ce sera mieux que d’investir au hasard et de laisser vos placements sans surveillance.