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Assurance-vie : saurez-vous affronter la prochaine crise ?

Assurance-vie

Oct 27

Saurez-vous affronter la prochaine crise financière ?

La baisse du rendement des fonds en euros oblige désormais les épargnants à s’interroger sur la composition de leur contrat d’assurance-vie. Or, le choix d’unités de compte cohérentes avec son profil de risque et leur suivi ne sont pas des démarches faciles. En cas de turbulences sur les marchés, une mauvaise allocation et une absence de suivi peuvent avoir de fâcheuses conséquences. Alors, que faire ?

 

Un contrat d’assurance vie est un contrat d’épargne entre un assuré et un assureur. Les sommes versées sur le contrat sont investies dans un fonds en euros garanti, ou dans des unités de compte dont l’évolution de la valeur est liée aux marchés financiers.

Jusqu’à un passé très récent, les fonds en euros des contrats d’assurance-vie possédaient toutes les qualités requises pour faire fructifier un capital sans prendre de risque : Les sommes investies étaient immédiatement disponibles, le rendement était relativement élevé, et la sécurité était totale.

Malheureusement, cet âge d’or est révolu. Les fonds en euros demeurent un placement sans risque et immédiatement disponible, mais leur rendement atteint désormais un niveau trop bas pour permettre de faire fructifier correctement un capital sur une durée longue. Plus précisément, il n’est plus pertinent de placer son épargne sur un fonds en euros pour préparer une retraite à un horizon de 20 ou 30 ans.

 

Sécurité ou rendement, maintenant il faut choisir

La baisse du rendement des fonds en euros impose donc aux épargnants de s’interroger sur les risques qu’ils sont prêts à prendre pour obtenir un rendement plus élevé. Pourquoi le rendement d’un placement et son risque sont-ils liés ? Parce que le rendement est la rémunération du risque.

« Les investisseurs ne sont prêts à prendre plus de risques qu’en échange d’un rendement attendu supérieur. Symétriquement, un investisseur souhaitant améliorer la rentabilité de son portefeuille doit accepter de prendre plus de risques. » (La finance pour tous)

 

Comment choisir son couple rendement/risque ?

Vous devez tout d’abord définir le degré de risque que vous êtes prêt à prendre en définissant votre profil de risque. Ce dernier, qui tient compte de vos objectifs et de votre horizon de placement, est généralement obtenu en répondant à un questionnaire.

Si vous souhaitez une évaluation robuste de votre sensibilité au risque, privilégiez les tests sérieux, par exemple ceux validés par l’AMF ou reposant sur des travaux universitaires reconnus.

Vous devez ensuite rechercher le rendement le plus élevé que vous pouvez obtenir tout en respectant votre sensibilité au risque.


Exemple :

Vous répondez à un questionnaire qui évalue votre sensibilité au risque selon 10 profils, du moins risqué (profil 1) au plus risqué (profil 10). A chaque profil est associée une volatilité maximale, qui correspond à la volatilité que ne devra pas dépasser votre portefeuille. Imaginons que le questionnaire vous classe dans le profil 5, dont la volatilité maximale associée est de 10 %. Vous devrez donc rechercher le rendement le plus élevé tout en veillant à contenir la volatilité de votre portefeuille sous les 10 %.


 

Pourquoi investir en fonction de son profil de risque ?

Vous pouvez tout à fait décider d’investir comme bon vous semble, sans évaluer votre profil de risque. Vous courez alors le risque que vos investissements soient plus risqués que ce que vous pouvez supporter, ou qu’ils soient trop prudents et insuffisamment rentables.

  • Si vos investissements sont trop risqués (par rapport à votre profil), tout ira bien tant que les performances seront positives. En revanche lorsqu’elles seront négatives, elles risquent d’amputer votre capital au-delà de ce que vous étiez prêt à accepter.
  • Si vos investissements sont trop prudents (par rapport à votre profil), leurs performances vous décevront et vous regretterez de ne pas avoir pris plus de risque.
 

Comment construire son portefeuille ?

Vous construisez votre portefeuille en fonction de votre profil de risque. Vous sélectionnez unités de comptes (y compris fonds en euros) de manière à maximiser le rendement tout en respectant la volatilité associée à votre profil. Pour y parvenir, vous devez diversifier votre portefeuille en choisissant des classes d’actifs et des zones géographiques variées.

L’allocation d’actifs constitue le cœur de votre stratégie. Meilleure elle sera, meilleure sera la performance de votre portefeuille (tout en respectant la contrainte de volatilité).


Exemple :

La volatilité de votre contrat d’assurance-vie de votre contrat d’assurance-vie ne doit pas dépasser 10 %. Afin d’obtenir le meilleur rendement tout en respectant cette contrainte, vous avez analysé les différentes classes d’actifs et zones géographiques sur les dernières années afin d’évaluer le rendement, le risque et les corrélations entre ces différentes catégories.

Ce long travail vous a permis de déterminer que le meilleur portefeuille se composait de 30 % de fonds en euros, 10 % d’obligations européennes, 10 % d’obligations Monde, de 10 %d’actions France, 10 % d’actions Europe, 15 % d’actions Etats-Unis, et 10 % d’actions de la zone Pacifique.


 

Et après ?

Lorsque votre portefeuille est construit et correspond à votre profil de risque, vous devez le suivre régulièrement et procéder aux ajustements nécessaires. Pourquoi ?

  • Parce que les pondérations des unités de compte de votre portefeuille se modifient. Les supports qui progressent voient leur pondération s’accroître au détriment de ceux dont la valeur se contracte. Vous devez donc procéder à des rééquilibrages réguliers de manière à retrouver la pondération initiale de votre portefeuille.
  • Parce que certains supports peuvent connaître des variations prononcées qui peuvent vous conduire à les arbitrer, pour les remplacer par un titre équivalent mais moins volatil par exemple. Par ailleurs, ces variations prononcées impactent la volatilité de votre portefeuille et peuvent vous imposer de le réviser si cette dernière dépasse sa valeur maximale.
  • Parce que les crises financières sont régulières. Vous devez agir relativement rapidement lorsque les marchés s’emballent. Vous évitez ainsi de perdre tout ce que vous avez pu accumuler.

Exemple :

Des turbulences apparaissent sur les marchés financiers, qui annoncent une crise violente. Comme vous suivez votre portefeuille et qu’une situation exceptionnelle mérite des actions exceptionnelles, vous décidez d’en réduire fortement la volatilité. Vous accroissez donc la part du fonds en euros pour protéger votre épargne et revenez progressivement à une allocation plus risquée lorsque les marchés se stabilisent.


 

Vous devez donc disposer de temps et d’un minimum de connaissances pour gérer vous-même votre contrat d’assurance-vie efficacement. Si vous le souhaitez, vous pouvez néanmoins déléguer cette gestion à une société de gestion. Le gérant dispose alors de toute latitude pour gérer votre contrat, tout en respectant le niveau de risque et les éventuelles orientations que vous aurez choisies.

Il existe également une troisième option entre la gestion libre ou vous êtes tout seul et la gestion sous mandat où vous ne prenez plus aucune décision. il s’agit de la gestion conseillée.

 

La gestion conseillée : pour les épargnants qui souhaitent gérer leur épargne eux-mêmes, sans être seuls

La gestion conseillée est destinée aux épargnants qui veulent garder le contrôle de leur contrat d’assurance-vie mais qui souhaitent bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Elle permet aux épargnants d’obtenir des conseils et recommandations pour

  • construire une allocation d’actifs cohérente avec leur profil de risque et leur horizon de placement ;
  • suivre et ajuster leur portefeuille en fonction de ses performances, de la situation des marchés financiers, ou de la modification de leur situation personnelle.

Par ailleurs, les épargnants peuvent solliciter eux-mêmes leur interlocuteur dédié pour solliciter ses conseils ou lui demander des explications.

Avec la gestion conseillée, les épargnants peuvent apprendre au contact de leur conseiller pour ensuite s’orienter vers la gestion libre. Ils peuvent aussi évaluer la qualité des conseils fournis et décider ensuite de lui déléguer une partie plus importante de la gestion de leur contrat d’assurance-vie. Pour toutes ces raisons, la gestion conseillée semble le point d’entrée approprié pour la gestion de votre contrat d’assurance-vie : vous restez maître de votre contrat d’assurance-vie tout en bénéficiant de conseils qui vous évitent les biais les plus fréquents des investisseurs individuels.

 
Investisseurs individuels : 10 biais psychologiques à connaître
Morningstar identifie 10 biais psychologiques susceptibles d’affecter les investisseurs individuels&nbsp:

  1. L’excès de confiance
  2. La mémoire sélective
  3. L’autodénigrement
  4. L’aversion au risque
  5. Le coût irrécupérable
  6. L’ancrage
  7. le biais de confirmation
  8. La segmentation mentale
  9. L’effet de formulation
  10. Le comportement moutonnier

Pour en savoir plus :

10 biais psychologiques à connaître (1/2)

10 biais psychologiques à connaître (2/2)