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Assurance-vie : vous n’échapperez pas aux unités de compte

Assurance-vie

Mai 14

Fonds euros : bientôt la fin d'une exception française

Les fonds en euros absorbent toujours plus de 80% des encours de l’assurance-vie. Découvrez pourquoi cette situation ne peut plus durer et ce qui vous attend.

 

Le déclin des fonds en euros est amorcé

La plupart des contrats d’assurance-vie vous permettent de choisir entre un fonds en euros ou des supports en unités de compte :

  • Le fonds en euros est géré par l’assureur : les sommes versées sont garanties et les intérêts générés chaque année sont définitivement acquis. Aucune perte n’est donc possible avec un fonds en euros, à moins que l’assureur ne fasse faillite. Ainsi d’après lafinancepourtous.com,
  • « Le caractère à la fois sécuritaire et rentable du fonds euros est une spécificité française. Dans aucun autre pays développé il n’existe un type de placement aussi protecteur pour l’épargnant et aussi exigeant pour l’assureur. »

  • Les supports en unités de compte sont majoritairement des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), mais aussi parfois des parts de SCPI. Ces OPCVM peuvent être investis en actions, obligations ou encore en supports monétaires. Il en existe plusieurs milliers, avec des niveaux de risque différents, des zones géographiques et des secteurs d’activité variés.
  • Contrairement aux fonds en euros, les unités de compte n’offrent aucune garantie en capital. Il s’agit donc de supports risqués, qui fluctuent à la hausse comme à la baisse. Comme le rendement et le risque sont positivement corrélés, le rendement espéré des unités de compte est supérieur à celui des fonds en euros.

 
Qu'est ce qu'un OPCVM ?

d’après lafinancepourtous.com

Les Organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM) sont des portefeuilles collectifs gérés par des professionnels, destinés à gérer l’épargne publique selon une orientation définie à l’avance.

Les OPCVM interviennent généralement sur un marché précis, les actions françaises ou les obligations internationales par exemple. Certains ont une gestion « diversifiée » entre les actions, les obligations ou d’autres marchés.

Les OPCVM, regroupent les Sicav (Sociétés d’investissement à capital variable) et les FCP (Fonds communs de placement). Cette différence formelle ne change rien pour l’épargnant : il est actionnaire dans le premier cas, associé dans le second.

Certains produits collectifs distribuent régulièrement les revenus qu’ils encaissent (dividendes d’actions ou coupons d’obligations), d’autres les réinvestissent automatiquement, ce qui augmente leur valeur. Les produits de capitalisation sont mieux adaptés pour constituer un capital, les produits de distribution pour générer des revenus complémentaires.

Les produits collectifs sont classés en grandes catégories par l’Autorité des marchés financiers, selon la nature des investissements qu’ils opèrent :

  • monétaires : ces fonds prêtent de l’argent sur de courtes durées aux Etats ou entreprises. Ils sont généralement sans risque. Leur rendement dépend du niveau des taux d’intérêt à court terme.
  • obligataires : investis en obligations, ils présentent un risque modéré qui justifie un horizon de placement d’au moins 3 à 5 ans.
  • actions : ils sont en prise directe avec la bourse et leur niveau de risque est plus élevé. Comme les actions en direct, ces fonds sont destinés aux investisseurs à long terme, avec un horizon d’au moins 5 à 10 ans.
  • de fonds alternatifs : produits risqués puisqu’ils sont investis à plus de 10 % en actions ou parts de fonds d’investissement étrangers ou d’OPCVM français mettant en oeuvre des stratégies de gestion alternative.
  • à formule : très sophistiqués, les fonds à formule sont généralement assortis d’une garantie sur le capital et le résultat financier – parfois connu d’avance – dépend de la réalisation de scénarios prédéfinis.
  • diversifiés : ils répartissent leurs investissements entre différents marchés, comme les actions ou les obligations. Le niveau de risque va de modéré à moyen.
  • A l’intérieur de ces catégories, les fonds sont encore classés selon qu’ils se concentrent sur la zone euro, donc sans risque de change, ou qu’ils sont ouverts à l’ensemble des marchés de la planète.

 

Compte tenu d’un couple rendement/risque qui est demeuré longtemps exceptionnel, les fonds en euros représentent plus de 80 % des encours des contrats d’assurance-vie.

Encours respectifs des supports en euros et en unités de compte (en milliards d’euros)

Décomposition des encours de l'assurance-vie

source : lafinancespourtous.com (Pdf) – FFSA, Banque de France

 

Fin 2014, l’encours d’assurance-vie s’élève au total à 1 522 milliards d’euros (données FFSA), dont 1 278 milliards investis sur des supports en euros et 244 milliards en unités de compte.

Plusieurs éléments plaident néanmoins pour un accroissement de la part des unités de compte :

  • La baisse régulière du rendement des fonds en euros (environ -1 point tous les 5 ans) pourrait s’accélérer sous l’effet d’une faiblesse prolongée des taux d’intérêt. Les épargnants pourraient alors se détourner d’un produit qui ne rapporte plus rien.
  • Les compagnies d’assurance incitent déjà les épargnants à investir en unités de compte.

Ainsi en 2015, la collecte nette s’est établie à 24,6 milliards d’euros dont 13,3 milliards pour les supports en unités de compte (source : FFSA). Pour la première fois, les unités de compte ont dépassé les supports en euros.

Les taux négatifs vont-ils tuer les fonds en euros ?

La progression des unités de compte s’explique par la baisse continue du rendement des fonds en euros. Alors que la rémunération moyenne des fonds en euros atteignait encore 5,3 % en 2000, elle n’était plus que de 4,20 % en 2005 et de 3,40 % en 2010 (source : toutsurmesfinances.com). En 2015, le rendement moyen des fonds en euros s’est établi à 2,3 %.

Les évolutions du rendement des fonds en euros sont étroitement liées à celles des obligations. En effet, les fonds en euros ont toujours été composé principalement d’emprunts d’Etat et d’obligations d’entreprises privées. Comme le rappelle Gilles Pouzin (deontofi.com),

Fin 2014, l’actif des assureurs correspondant à la répartition de leur fonds en euros, était investi, en moyenne, autour de 70 % en obligations, 20 % en actions, 3 % en immobilier, 5 % en trésorerie et 2 % en actifs divers. Ces proportions sont quasiment inchangées depuis une vingtaine d’années […] »

Les assureurs investissent donc l’épargne nouvelle sur des obligations faiblement rentables. En conséquence, le rendement des fonds en euros diminue. Dans un contexte de taux d’intérêt négatifs appelé à se prolonger, il est donc inévitable que le rendement des fonds en euros poursuive sa contraction. Cyrille Chartier-Kastler imagine même qu’il puisse devenir nul dès 2020 :

« Et si d’ici quatre à cinq ans, les taux ne remontent pas franchement, le rendement des fonds en euros devrait en moyenne s’élever à… 0 %. Et encore pour afficher un tel taux, les assureurs devront accuser des pertes. »

Un rendement de 0 % rendrait donc inévitable une diversification vers les unités de compte. Il est en effet impensable de se constituer un capital avec un taux aussi faible.

Il n’est cependant pas exclu que les assureurs agissent avant que le rendement des fonds en euros n’atteigne un tel niveau qui risque de provoquer des retraits massifs. Il pourraient ainsi limiter la collecte de leurs fonds en euros, afin de ne pas en diluer le rendement. Comment ? Soit en portant le versement minimum à un niveau élevé, soit en imposant un minimum de supports en unités de compte. Peu crédible ? Ce sont pourtant les pratiques en vigueur pour la plupart des fonds en euros les plus performants.

Comme le soulignent Julien Bouyssou et Sylvain Deshayes dans un dossier spécial pour capital.fr,

« Depuis peu, plusieurs compagnies ont en effet pris l’habitude d’octroyer un bonus de rendement, compris entre 0,2 et 1 point, à ceux de leurs clients se conformant à des conditions édictées en début d’année. Critère le plus souvent retenu […] : rapatrier le maximum d’épargne chez l’assureur, de sorte à dépasser un seuil d’encours (de 50 000 euros à 250 000 euros). A cette première condition s’ajoute souvent une seconde, imposant de placer une part du capital sur d’autres supports que le fonds euros (les «unités de compte»). »

Pour plus de détails sur les conditions posées par certains assureurs pour bénéficier de leur fonds en euros performant (ou pas…), n’hésitez pas à consulter le tableau récapitulatif qu’ils ont élaboré.

En conséquence, une diversification vers les unités de compte semble inévitable à moyen terme. Soit votre assureur vous y contraindra, soit les performances de son fonds en euros seront tellement faibles que vous n’aurez d’autre choix pour faire fructifier votre capital.

Osez les unités de compte

L’introduction d’une part d’unités de compte dans votre contrat d’assurance-vie semble donc inéluctable. Alors que les fonds en euros ont pu permettre de faire fructifier son capital en toute sécurité lorsque les taux étaient élevés, ce ne sera bientôt plus possible. Chaque épargnant devra désormais choisir le couple rendement/risque qui lui correspond.

  • S’il opte pour la sécurité et le fonds en euros, le rendement correspondant sera (très) limité.
  • S’il souhaite en revanche bénéficier d’un rendement plus élevé, il devra nécessairement prendre des risques. Il faudra alors investir dans des fonds dont le capital n’est pas garanti et soumis à des fluctuations plus ou moins fortes selon le degré de risque que choisi.

Pour bien choisir ses unités de compte, plusieurs étapes sont incontournables :

  • Définir précisément ses objectifs, son horizon de placement, et sa sensibilité au risque.
  • Déterminer une allocation d’actifs qui soit compatible avec ces éléments (unités de compte et fonds en euros).
  • Suivre ses placements afin de les adapter à ses objectifs et à l’environnement économique et financier.

L’effondrement du rendement des fonds en euros obligera les épargnants qui souhaitent se constituer un patrimoine financier à modifier leur comportement. Dès lors qu’un risque de perte en capital existera, un suivi de leur placement sera indispensable. Qu’ils effectuent eux-mêmes ce suivi ou qu’ils le délèguent.

Vous voulez en savoir plus ? Découvrez pourquoi les unités de compte représentent une option profitable pour votre épargne.