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Fonds à formule, pour miser en bourse en réduisant les risques

Assurance-vie

Fév 27

Fonds à formule, pour miser en bourse en réduisant les risques

Les fonds à formule offrent un couple (rendement, risque) intéressant. Il s’agit cependant de produits risqués qui ne sont pas adaptés à tous les épargnants. Etes-vous concerné(e) ?


Sommaire


Un contexte de baisse des taux qui a favorisé des dérives

Les accidents boursiers de 1987 et 1990 ont éloigné les épargnants des placements en obligations et en actions. Pour répondre au besoin de sécurité des épargnants, les établissements financiers ont alors développé des fonds garantis dont les premiers sont apparus dès 1991.Les fonds garantis proposent à l’épargnant de lui rétrocéder le capital investi assorti d’un gain qui dépendra de l’évolution des marchés. A la suite de ces fonds sont apparus des fonds protégés n’offrant qu’une garantie en capital partielle ou conditionnelle. Ces produits promettent un gain à condition que l’évolution d’un l’indice de référence satisfasse un scénario favorable. En revanche si l’indicateur de référence n’évolue pas favorablement, alors une perte en capital est possible (scénario défavorable).

Que la garantie en capital soit totale (pour les fonds garantis) ou partielle, ces placements qui prennent la forme d’OPCVM ou d’EMTN (titres de créance à valeur de remboursement variable) reposent sur un même mécanisme à deux composantes : une composante obligataire qui garantit le capital investi à l’échéance ; une composante risquée liée à l’indicateur de référence et dont découle la performance du fonds.

La rémunération (connue) de la composante obligataire (son taux d’intérêt) permet de dégager des ressources qui seront allouées à la composante risquée. En conséquence, plus les taux d’intérêt des obligations seront élevés, plus les ressources allouées à la composante risquée et la promesse de rendement pourront être élevées. Plus les taux d’intérêt sont élevés, moins la somme à investir est réduite pour obtenir le montant du capital garanti à l’échéance.

Par exemple, si une obligation délivre un coupon annuel de 10 % pendant 10 ans, un investissement initial de 1000 euros pourra être garanti à une échéance de 10 ans en investissant 500 euros dans cette obligation. 500 euros pourront donc être consacrés à générer le rendement du produit. Si le taux d’intérêt tombe à 3 %, 770 euros devront être investis pour garantir le capital et 230 euros seront disponibles pour générer de la performance.

Taux d’intérêt à long terme, France

Or, si les taux d’intérêt étaient élevés lorsque ces produits ont été créés, ils ont fortement diminué au cours des années 2000. Comme il est devenu plus difficile de créer des fonds garantis avec une rémunération satisfaisante, des placements à formules moins simples et plus risqués sont apparus. Si la rémunération était attractive, la garantie en capital n’était plus que partielle, et conditionnée à la réalisation d’un scénario.

Malheureusement, les investisseurs particuliers n’ont pas toujours su appréhender ces produits devenus de plus en plus sophistiqués. Cette incompréhension, parfois entretenue par des documentations publicitaires incomplètes, a généré des déconvenues lors du dénouement de certains fonds. De nombreuses plaintes ont alors été déposées contre des produits dont les promesses de rendement n’ont pu être tenues en raison de conditions de marché défavorables.

Une simplification et une transparence salutaires

Face à l’explosion des litiges et des condamnations des banques par la Cour de cassation, la protection des épargnants a été renforcée. En 2010, l’AMF et l’Autorité de contrôle prudentiel ont encadré les règles de commercialisation de ces fonds à formule. Ainsi par exemple, lorsque la garantie en capital est inférieure à 90 %, les risques et le profil gain/perte doivent être explicitement présentés dans la documentation commerciale. En outre, certains sous-jacents (indices de référence) et mécanismes trop complexes sont interdits. Si ces conditions ne sont pas remplies, alors la commercialisation de ces fonds auprès des particuliers est interdite.

AMF et ACPR : Quatre critères pour évaluer les risques des fonds à formule

L’ACPR et l’AMF ont défini quatre critères communs permettant d’évaluer si les instruments financiers proposés à la commercialisation sont susceptibles de conduire l’investisseur ou le souscripteur à sous-estimer les risques, voire à ne pas comprendre le produit ou le contrat :

  • un critère de mauvaise présentation des risques ou des pertes potentielles, notamment lorsque la
    performance est sensible à des scénarios extrêmes ;
  • un critère portant sur les sous-jacents difficilement appréhendables ou non observables de façon
    individuelle sur les marchés ;
  • un critère portant sur les gains ou pertes subordonnés à la réalisation simultanée de plusieurs
    conditions sur différentes classes d’actifs ;
  • un critère portant sur la multiplicité des mécanismes compris dans la formule de calcul du gain ou de
    perte à l’échéance.

Grâce à cette simplification des produits et à l’obligation d’en spécifier clairement les risques, les fonds à formule apparaissent pour ce qu’ils sont réellement : des produits à rendement faible mais à risque faible pour les fonds garantis ; des produits à rendement plus élevé mais à risque également plus élevé pour les fonds à formule dont le capital n’est pas garanti. Un fonds à formule dont le risque est faible et le rendement élevé n’existe pas.

A qui s’adressent les fonds à formule ?

Les fonds à formule dont le capital est garanti offrent peu d’intérêt. Les fonds en euros des contrats d’assurance-vie sont plus simples et offrent des rendements comparables. De plus, ces fonds en euros appliquent une garantie en capital à tout moment, et non à une échéance prédéterminée.

Les fonds à formule dont le capital n’est pas garanti mais simplement protégé s’adressent à des investisseurs dont les caractéristiques (horizon temporel, profil de risque, préférence) autorisent une prise de risque mesurée. Par ailleurs, il est indispensable que la formule du fonds et les scénarios associés soient clairement compris. D’une manière générale, ne souscrivez jamais un produit que vous ne comprenez pas.

  • Les fonds à capital protégé s’adressent à des investisseurs prêts à immobiliser leur épargne. Ces fonds possédant une échéance (pouvant aller jusqu’à 10 ans), il est bien entendu exclu d’y investir une épargne dont on pourrait avoir besoin avant.
  • Les fonds à capital protégé s’adressent à des épargnants qui souhaitent investir en bourse en limitant les risques grâce à la protection offerte par ces fonds. En contrepartie, ils acceptent de limiter leur rendement en fonction d’une formule prédéfinie.
  • Les fonds à capital protégé obéissent à un scénario défini à l’avance. Ils demandent donc un suivi moindre que les supports en unités de compte « classiques ».

  • Les fonds à capital protégé sont nombreux et offrent des couples rendement/risque variés. N’hésitez pas à les comparer ou à consulter un professionnel pour sélectionner celui qui vous convient.

Compte tenu de leurs caractéristiques, les fonds à capital protégé s’insèrent donc entre les SCPI et les OPCVM « classiques ». Ils conviendront aux épargnants qui souhaitent miser en bourse en réduisant les risques associés, sans être obligés de (faire) surveiller leurs investissements.

Ressources complémentaires

Le Revenu.com : Tout savoir sur les fonds garantis

Deontofi.com : Fonds à formules et produits structurés: que valent les placements à promesses ?

Le nouvel Economiste.fr : Les produits structurés et les profils d’aversion au risque