Menu

Zone €uro : comment sortir de la crise ?

Economie

Mai 29

Comment sortir de la crise de l'euro ?

Alors que cela semblait inconcevable, l’explosion de la zone euro est désormais envisageable. Pour l’éviter, la seule solution semble être une intégration encore plus poussée des économie européennes. Or, de tels transferts de souveraineté sont clairement refusés par une majorité de pays de la zone euro. Alors, intégration ou désintégration ?


Sommaire


Crise de l’euro : Des évolutions macroéconomiques divergentes …

La création de la monnaie unique a figé les taux de change entre les pays de la zone euro. Ces pays ont donc renoncé à l’autonomie de leur politique monétaire, autonomie qui leur permettait d’influer sur le taux de change et de disposer ainsi d’un outil de régulation des chocs asymétriques.

Comme aucun ajustement du taux de change n’est désormais possible et qu’une politique monétaire unique s’applique à l’ensemble de la zone euro, un pacte de stabilité et de croissance a également été institué pour tenter de coordonner les politiques budgétaires nationales et éviter des divergences des économies.

Mais ce pacte de stabilité n’a pu empêcher les économies de diverger en raison de chocs asymétriques et de politiques macroéconomiques non coordonnées (baisse des taux d’intérêt et alignement sur les taux allemands, booms immobiliers, politiques non coopératives en Allemagne, …).

… et l’absence de mécanismes correcteurs …

En l’absence de mécanismes correcteurs tels qu’une mobilité des facteurs de production (travail et capital) ou des mécanismes de redistribution (fiscalité ou budget commun), les divergences se sont aggravées avec la crise financière et économique débutée en 2008. En conséquence, plusieurs pays se sont alors trouvés dans des situations économiques compliquées, sanctionnées par les marchés financiers : le coût de leur dette publique a explosé en raison de craintes concernant son remboursement. Face à cette situation, ces pays ont dû mettre en place des politiques d’austérité drastiques pour rassurer les marchés.

… ont provoqué un cercle vicieux

Afin de rassurer les marchés, d’autres pays de la zone euro se sont aussi engagés dans des politiques budgétaires restrictives. Dans ce contexte, l’activité de la zone s’est contractée, compliquant encore les politiques d’ajustement menées par les pays les plus fragiles. Un cercle vicieux s’est alors enclenché : l’austérité pèse sur la croissance et dégrade les finances publiques, ce qui nécessite encore plus d’austérité … qui pèse sur la croissance et dégrade encore les comptes publics, etc.

Eclatement, récession prolongée, transferts de souveraineté : le choix impossible ?

L’absence de solidarité entre les pays de la zone euro empêche de corriger les divergences entre pays. Et l’option retenue de politiques d’ajustement et d’austérité non coopératives s’accompagne d’une récession prolongée. En effet, les pays cherchent à gagner en compétitivité en procédant à des dévaluations « internes » caractérisées par une modération des prix et des salaires. Or, ces politiques ont des conséquences récessives si tout les pays les mettent en œuvre simultanément.

L’absence de solidarité sera excessivement coûteux. Mais si des politiques coopératives de transferts et de redistribution étaient décidées, elles devraient impérativement s’accompagner de transferts de souveraineté significatifs. Cette intégration est une alternative à la récession prolongée de la zone euro, qui risque de la faire exploser. Pour sortir de la crise, deux options : l’intégration ou la désintégration.