Le rôle et les missions d’un Conseiller en Gestion de Patrimoine

 

La profession de Conseiller en Gestion de Patrimoine (CGP) est née dans les années 1970 de la volonté d’offrir une alternative en matière de conseil patrimonial. Comme le souligne le rapport relatif aux conseillers en gestion de patrimoine dirigé par Louis Giscard d’Estaing en 2005,

 

« Les conseillers en gestion de patrimoine sont nés de la volonté d’offrir une alternative aux réseaux de conseils des banques et des acteurs immobiliers. Pour la plupart, il s’agit d’indépendants ou plutôt de libéraux qui travaillent à leur compte et se caractérisent par leur relative indépendance de tout réseau ou entreprise, et l’objectivité revendiquée de leur conseil. Leur développement peut également s’expliquer pour partie par la fusion des conseils juridiques (ou conseils juridiques et fiscaux) avec la profession des avocats en 1990. »

 

Au nombre de 3 000 à 5 000, ils représentent actuellement une part de marché de 7 à 9 % de l’épargne financière, soit l’équivalent du 5e réseau bancaire en France (source : Le Monde).

La profession de Conseiller Gestion de Patrimoine n’est pas réglementée, les CGP ne disposent pas de diplômes spécifiques à la gestion de patrimoine. Cette activité est néanmoins régulée par plusieurs réglementations, tel le courtage en assurance ou le statut CIF (Conseiller en Investissements Financiers). Par ailleurs, l’exercice de la profession de CGP nécessite de disposer de solides compétences en droit (civil, fiscal et social notamment), en gestion d’actifs, ou encore en économie. Le CGP doit aussi suivre régulièrement la situation des marchés financiers et immobiliers.

Le CGP peut exercer son activité dans une banque, une compagnie d’assurance, une société de gestion, ou en libéral (indépendant ou non).

Le rôle d’un Conseiller en Gestion de Patrimoine consiste à conseiller ses clients sur une stratégie patrimoniale cohérente avec leurs besoins et leurs préférences et qui leur permette d’atteindre leurs objectifs, par exemple :

  • Se constituer un capital pour un projet futur,
  • percevoir des revenus réguliers,
  • financer les études des enfants ou réaliser un projet immobilier,
  • assurer l’avenir de son conjoint ou de ses proches,
  • préparer la transmission de son patrimoine.
 

Le Conseiller en Gestion de Patrimoine appuie ses recommandations sur une approche globale du patrimoine de ses clients. Cette démarche se distingue des approches produits et besoins, et comporte plusieurs phases.

  • La première étape consiste à questionner le client sur ses objectifs, ses besoins, sa situation (personnelle, professionnelle, familiale, financière, fiscale et patrimoniale) et son appétence au risque.
  • Toutes ces informations sont ensuite mobilisées pour établir un bilan patrimonial global, préalable à une phase de diagnostic et d’analyse.
  • Cette analyse débouche sur des recommandations et la mise en place d’une stratégie cohérente avec les objectifs du client.
  • Le conseiller en gestion de patrimoine peut aussi se charger de la mise en œuvre de cette stratégie en proposant les produits qui lui semblent adaptés.
  • Cette démarche est formalisée au travers de différents documents remis aux clients : document d’entrée en relation, lettre de mission et rapport de mission.

    CGP : indépendant ou non ?

     

    La directive MIF2 entrée en vigueur le 3 janvier 2018 introduit la notion de double statut, indépendant ou non. Seuls sont désormais considérés comme CGP indépendants (CGPI) les conseillers qui choisissent de percevoir des honoraires de conseil et non plus des commissions ou ceux qui avertissent leurs clients de la perception de rétrocessions et les leur rétrocèdent. La transposition de la directive MIF2 dans le Code Monétaire et Financière précise ainsi que les Conseillers en Investissements Financiers doivent, lorsqu’ils fournissent un conseil indépendant,

     

    « Ne pas accepter, sauf à les restituer intégralement à leurs clients, des rémunérations, commissions ou autres avantages monétaires ou non monétaires en rapport avec la fourniture du service aux clients, versés ou fournis par un tiers ou par une personne agissant pour le compte d’un tiers. »

     

    Ceux qui continuent de percevoir des commissions ne peuvent plus se revendiquer « indépendants ».