
La croissance économique est l’indicateur macroéconomique le plus commenté, parce qu’il résume l’évolution de l’activité d’un pays en une seule valeur. Mais que mesure-t-on exactement ? Comment la croissance est-elle calculée ? Et pourquoi le PIB, qui sert de base à ce calcul, ne doit-il pas être confondu avec le bien-être ?
Sommaire
La croissance économique désigne, au sens strict, le taux de variation du PIB en volume.
Autrement dit, elle mesure l’évolution (en %) de la production de biens et services d’une économie entre deux périodes (souvent le trimestre ou l’année), corrigée de l’inflation.
Deux précisions sont essentielles :
Formellement, on peut résumer l’idée ainsi :
En France, le rythme de la croissance tend à ralentir sur longue période : les années 1970 ont connu des taux sensiblement plus élevés que les années 2010. L’interprétation doit toujours tenir compte du cycle conjoncturel et des ruptures (chocs pétroliers, crise financière, pandémie, etc.).
Pourquoi raisonne-t-on en taux de croissance plutôt qu’en niveau de PIB ?
Le PIB est l’agrégat de référence pour mesurer l’activité économique globale. Mais son niveau, exprimé en milliards d’euros, est difficile à interpréter sans comparaison (dans le temps, entre pays, ou rapporté à la population).
C’est pourquoi on commente généralement la variation du PIB : une croissance de 0,3 % sur une année se comprend immédiatement comme une progression faible de l’activité. En revanche, lire un chiffre de PIB en milliards n’a pas de sens sans contexte (période, inflation, population, comparaisons internationales).
Le PIB mesure la valeur ajoutée produite sur le territoire national au cours d’une période. Dit autrement, il mesure la production de richesses au sens comptable (la valeur de ce qui est produit, après déduction des consommations intermédiaires), et non une « richesse » au sens patrimonial.
Pourquoi cet indicateur est-il si central ? Pour trois raisons simples :
On comprend ainsi pourquoi la croissance économique est autant commentée : elle conditionne, directement ou indirectement, l’emploi, les revenus et les équilibres budgétaires. Cela n’implique pas qu’elle résume à elle seule la situation économique et sociale.
Le PIB est un indicateur économique majeur, mais il présente des limites bien identifiées. La difficulté ne vient pas d’un « mauvais indicateur », mais du fait qu’on lui demande souvent de répondre à des questions pour lesquelles il n’a pas été conçu.
Conclusion de fond : la croissance du PIB est un indicateur indispensable pour suivre l’activité économique, mais il ne doit pas être utilisé comme un indicateur global de « progrès » ou de « bonheur ». Une lecture sérieuse de la croissance exige toujours des indicateurs complémentaires.
Pour l’épargnant comme pour l’investisseur, la croissance économique n’a de sens que rapportée à l’inflation, à l’emploi et aux revenus. Ces éléments sont au coeur de l’analyse du rendement réel des placements financiers.
On entend régulièrement parler de « PIB », mais que se cache derrière ces 3 lettres ? Comment le PIB est-il calculé ? Que permet-il de mesurer ? Cette vidéo « Dessine-moi l’éco » résume en quelques minutes la notion de PIB et des concepts clés (PIB par habitant, PIB nominal et réel, etc.) qui s’y rattachent.
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