Placement liquide : Ce qu’il faut savoir

Placement liquide : ce qu'il faut savoir

Le rendement est généralement le principal argument mis en avant pour vanter les performances d’un placement financier. Ce n’est pourtant qu’un des critères principaux, à côté de la sécurité et de la liquidité.

La sécurité, c’est l’absence de risque de perte en capital. Comme le rendement et le risque sont liés, cette sécurité se paie par un rendement faible.

Et la liquidité ?

La liquidité : Qu’est-ce que c’est ?

Un actif est considéré comme liquide lorsqu’il peut être acheté ou vendu rapidement sans que cela n’ait d’impacts majeurs sur son prix. Le concept de liquidité s’applique à tous les marchés (immobilier, financier, crédit à court terme, à long terme). Plus un marché est liquide, plus il est aisé, rapide et peu coûteux d’y réaliser des transactions. Par extension, un placement est dit liquide s’il est possible de récupérer son argent facilement et rapidement.

La liquidité des actifs financiers (actions, obligations) est permise par la cotation en bourse, qui garantit ainsi aux épargnants de pouvoir revendre leurs titres. Cependant, les actions des grands entreprises sont plus liquides que celles des petites, qui évoluent sur un marché plus étroit.

Pour une entreprise, la liquidité correspond à sa capacité à faire face à ses échéances immédiates. Pour une banque, la liquidité se traduit donc par sa capacité à faire face à ses obligations de trésorerie. La liquidité bancaire est surveillée attentivement par les autorités de contrôle pour s’assurer que les banques gèrent au mieux leur risque de liquidité.

Dans la mesure où le rendement et le risque évoluent de concert, un placement rentable et sans risque (ni risque de perte en capital ni risque de liquidité) n’existe pas.

Liquidité, épargne et horizon de placement

La liquidité est liée au type d’épargne et à l’horizon de placement.

Il existe trois catégories d’épargne :

    • L’épargne de précaution, qui sert à se prémunir contre toute dépense imprévue. Cette épargne doit être immédiatement disponible (liquide) et placée en toute sécurité. Le critère de rentabilité ne s’applique pas à cette épargne et le livret A constitue le réceptacle naturel de cette épargne.
    • L’épargne projet, destinée à financer un projet de moyen terme clairement défini (étude des enfants, investissement locatif, voyage…). Cette épargne doit être placée en sécurité (il ne semble pas pertinent de risquer l’argent des études de ses enfants ou de son prochain voyage) mais il n’est pas obligatoire qu’elle soit immédiatement disponible. En contrepartie d’un impératif de liquidité moindre, une rentabilité (faible) pourra être recherchée. Le PEL ou un CAT (Compte à Terme) sont des enveloppes appropriées pour ce type d’épargne). Elles offrent une rentabilité supérieure au livret A à condition d’immobiliser les sommes placées pendant plusieurs années.
    • L’épargne de long terme destinée à se constituer un patrimoine et à préparer sa retraite. Comme l’horizon temporel est éloigné, il n’est pas nécessaire que cette épargne soit rapidement et facilement disponible. La rentabilité sera privilégiée, au détriment de la sécurité et de la liquidité.

Placements liquides et illiquides

L’épargne la plus liquide est celle qui est placée sur un compte courant. Il est facile de la retirer immédiatement et sans frais. L’épargne placée sur un livret l’est également.

Les actions sont plus ou moins liquides. Les actions cotées des grandes entreprises sont liquides (de très nombreux ordres d’achat et de vente sont traités quotidiennement) mais les actions de PME le sont moins. Le nombre d’ordres d’achat ou de vente est très faible et cette moindre liquidité peut conduire à de fortes variations de cours.

Quant aux actions d’entreprises non cotées, ce sont des comptes titres non liquides puisque le vendeur devra trouver lui-même un acheteur pour ses titres. Il ne peut donc pas immédiatement céder ses titres. L’immobilier est un autre exemple d’actif illiquide.

SCPI : quelle liquidité ?

Les associés de SCPI à capital fixe qui souhaitent revendre leurs parts passent un ordre de vente auprès de la société de gestion qui l’inscrit dans son carnet d’ordres. L’ordre de vente indique un nombre de parts et le prix de vente minimum souhaité par part. Dès lors que l’associé cédant est en tête de liste du carnet d’ordres, la société de gestion va confronter sa demande avec les offres d’achat. Si un investisseur propose un prix d’achat équivalent a minima au prix de vente indiqué, l’ordre est exécuté.

La liquidité sur les SCPI à capital fixe est donc fortement dépendante de l’offre et de la demande : si un nombre important d’associés souhaitent vendre et que le nombre d’acquéreurs ne suffit pas à racheter les parts de tous les cédants, le délai d’attente pour la cession des parts est susceptible de s’allonger sur plusieurs semaines.

En cas de crise de l’immobilier aiguë et d’une absence total d’acquéreurs, la SCPI serait alors obligée de revendre une partie de ses actifs et de procéder à une réduction de capital de sorte à rembourser les associés sortants. Néanmoins, ce processus est lent et fait suite à un nombre de décisions important de la part de la société de gestion de la SCPI ou de son Assemblée Générale.

Les SCPI à capital variable procèdent à des augmentations et à des réductions de capital, au rythme des entrées et sortie des investisseurs.

Sur demande, un associé peut céder ses parts à la SCPI pour une valeur prédéterminée. Cette valeur de retrait est fixée en fonction du prix de souscription, duquel sont déduits les droits de collecte.

Le prix de souscription est quant à lui fixé en fonction de la valeur du parc immobilier, selon une règle imposée par l’Autorité des Marchés Financiers. Il n’y a pas donc pas de décalage important entre la valeur des parts et la valeur du parc immobilier, ce qui peut arriver sur un marché de gré à gré où la perception de l’investisseur joue sur le prix demandé ou offert, et influe sur la liquidité.

Une fois la demande reçue, la SCPI s’organise pour compenser la vente par un achat ou grâce à sa trésorerie. De ce fait, la liquidité est a priori mieux garantie car le vendeur n’a pas à trouver un acheteur de lui-même et n’est pas non plus dépendant d’un carnet d’ordres.

Malgré tout, la liquidité n’est absolument pas garantie sur les SCPI à capital variable : si les retraits devenaient plus nombreux que la collecte sur plusieurs trimestres, la trésorerie de la société de gestion ne suffirait plus à racheter les parts. Elle serait alors amenée à céder des actifs de sorte à constituer un fonds destiné à rembourser les associés.

source : Mensbridge

 

Le risque d’illiquidité

Le risque d’illiquidité est le risque qu’un placement perde sa liquidité en raison d’une raréfaction des vendeurs (les offreurs) ou des acheteurs (les demandeurs).

  • Si les acheteurs sont rares, alors un vendeur pressé pourra être contraint de céder ses titres à un prix inférieur pour trouver preneur.
  • Si les vendeurs sont rares, les prix montent et les acheteurs sont pénalisés. Ils doivent accepter de payer plus cher.

Dans les cas extrêmes, les offreurs ou les demandeurs sont tellement rares qu’aucun prix ne peut être fixé.

En conséquence, pour compenser l’illiquidité et le risque associé, les investisseurs demandent une prime de liquidité. C’est une rémunération complémentaire qui compense le manque de liquidité de l’actif acheté.

La crise des subprimes, une crise de liquidité

Lors de la crise des “subprimes” en 2008, les investisseurs ont réalisé que certains actifs qui avaient été titrisés étaient de plus mauvaise qualité qu’ils ne le pensaient. Ils ont alors tous cherché à vendre en même temps.

La liquidité n’a alors plus été assurée par les établissements financiers ou à un prix tellement bas qu’il rendait la vente dissuasive. Il n’y avait alors plus aucun acheteur pour beaucoup de vendeurs. Le marché était devenu illiquide, obligeant les investisseurs à vendre des actifs sur d’autres marchés plus liquides (action par exemple).

De graves problèmes de liquidité sont également apparus sur le marché du crédit à court terme que les banques se font entre elles (marché interbancaire). Chaque établissement financier s’est mis à redouter que ses concurrents soient à court de liquidité pour honorer leurs engagements et être alors poussés à se déclarer en faillite (ce qui fut le cas pour la banque Lehman Brothers).

Les banques centrales ont dû intervenir pour apporter de la liquidité aux banques, en leur faisant massivement crédit.

source : La Finance pour tous

 

La liquidité d’un placement, c’est sa disponibilité. C’est une dimension fondamentale qui doit être évaluée lors de chaque décision d’épargne ou d’investissement, car si elle offre une relative sécurité, elle a un coût.

Ainsi, si cette liquidité est essentielle pour l’épargne de précaution, elle peut être abandonnée au profit d’une rentabilité supérieure dans le cadre de l’épargne de long terme (lors d’un investissement dans l’immobilier par exemple).