Titres vifs, OPC, ETF : que choisir ?

par Arnaud Sylvain | Allocation d'actifs

01 Juil 2022

Lorsque vous souhaitez investir sur les marchés financiers, vous pouvez investir directement dans des titres vifs ou indirectement via des organismes de placement collectif (OPC) ou des ETF. Faut-il préférer une option plutôt qu’une autre ?

Avantages et inconvénients des titres vifs et des OPC

Un titre vif est émis par une entreprise et coté sur un marché boursier. Il s’agit le plus souvent d’une action (titre de capital) ou d’une obligation (titre de dette).

Un OPC est un organisme de placement collectif. L’OPC investit en titres vifs pour le compte d’un grand nombre d’épargnants.

Il est possible d’investir dans des actions, des obligations, ou des OPC. Mais pourquoi choisir d’investir dans des titres vifs par l’intermédiaire d’un OPC ?

Il existe trois raisons principales pour investir dans des OPC plutôt que directement dans des titres vifs :

  1. Vous n’avez aucune expérience de l’investissement dans des titres vifs et vous ne savez pas quels sont les déterminants de leur valeur.
  2. Vous n’avez pas (assez) de temps à consacrer au choix de vos titres vifs.
  3. Les sommes que vous avez à investir ne sont pas suffisantes pour vous permettre une bonne diversification de vos investissements.

Les OPC vous permettent thériquement de contourner ces trois problèmes :

  • Les gérants des OPC disposent du temps et des compétences pour choisir les titres vifs
  • Les OPC disposent d’un portefeuille de titres varié et diversifié. Lorsque vous investissez dans un OPC, vous acquérez une fraction de ce portefeuille. Votre investissement est diversifié. Ainsi, en panachant différents OPC et pour une somme relativement modeste, vous pouvez vous exposer à différentes zones géographiques et différentes classes d’actifs.

Investir dans un OPC, c’est donc investir dans un portefeuille diversifié, géré et constitué par un professionnel.

Ce que vous ne savez, pouvez, voulez pas faire, le gérant d’OPC le fait pour vous. Mais vous l’aurez deviné, il ne le fait pas gratuitement. Les OPC facturent des frais (parfois élevés) pour rémunérer cette expertise.

Par ailleurs, en investissant dans un OPC, vous déléguez complètement la gestion de votre portefeuille à un gérant dont vous ne pouvez être totalement certain qu’il sera éternellement efficace. Tout au plus connaissez-vous ses performances actuelles et passées.

En résumé :

  • Avec un OPC, vous payez pour bénéficier de l’expertise d’un gérant. Vous accédez facilement à un portefeuille diversifié.
  • Avec des titres vifs, vous ne payez rien car vous êtes le gérant. Il est par contre plus compliqué de se constituer un portefeuille diversifié car cela demande des moyens financiers plus conséquents.
  • L’OPC, c’est l’expertise et la mutualisation, mais c’est coûteux et la qualité de l’expertise n’est pas garantie.
  • Les titres vifs, c’est la transparence (vous savez exactement ce que vous achetez) et la liberté. Mais le grand bain sans bouée, quand on ne sait pas nager, ça peut être dangereux.
  • Et si vous pouviez bénéficier d’une mutualisation et de performances correctes à un coût réduit ?

     

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    Les ETF, le meilleur des titres vifs et des OPC ?

    Les ETF sont en réalité des OPC, mais d’un type particulier :

  • Ils sont côtés en continu, comme des actions, mais ce sont des fonds.
  • Ils mutualisent les sommes qu’ils collectent pour constituer un portefeuille diversifié mais leurs frais sont très faibles car ils se contentent de répliquer un indice (gestion passive) et non de le battre (gestion active). Cette réplication peut être automatisée et coûte moins cher que les analyses d’un gérant.
  • La gestion passive affiche des performances souvent meilleures que la gestion active.

Les ETF sont donc une solution qui permet de s’affranchir des défauts des OPC à gestion active (leur coût et une gestion opaque) et des titres vifs (nécessité d’une expertise et de temps) pour en conserver les avantages :

  • La diversification des OPC à gestion active : vous investissez dans un indice composé de plusieurs valeurs.
  • La transparence des titres vifs : vous savez exactement comment est constitué l’ETF dans lequel vous investissez.

Il semblerait donc tout naturel de délaisser les OPC à gestion active (coûteux et pas vraiment plus performants que des ETF), d’orienter les novices et ceux qui manquent de temps et d’envie vers les ETF, et de laisser les titres vifs aux experts qui ont du temps et des moyens à y consacrer.

Et si ce n’était pas aussi simple ?

titres vifs, OPC, ETF : un choix pas si simple

OPC, titres vifs, ou ETF ? Et si la question n’était pas celle-là ?

S’il faut disposer d’un minimum de culture économique et financière pour investir dans des titres vifs en direct, il est illusoire de croire qu’investir dans des OPC est simple. Il existe de nombreux OPC qui recouvrent différentes classes d’actifs et de zones géographiques, et au sein d’une même zone et d’une même classe, tous les OPC ne se valent pas. Il y a de bons gérants, et de moins bons… Et ce ne sont pas toujours les mêmes.

Dès lors, comment choisir un OPC si vous n’en avez aucune idée ? Croyez-vous qu’il suffise de suivre les recommandations des revues spécialisées ou des assureurs qui distribuent les contrats d’assurance vie au sein desquels vous retrouvez ces OPC (les fameuses « unités de compte ») ? Croyez-vous qu’il suffise d’investir dans un seul OPC&nbsop;?Certainement pas.

Vous pensez que les ETF sont plus simples à choisir parce qu’ils se contentent de répliquer un indice ? Mais quels indices allez-vous privilégier ? Le CAC40, le S&P500, le Nasdaq… ? En quelle proportion ?

Choisir entre des actions, des OPC ou des ETF sera tout aussi difficile si vous n’avez pas d’objectif, si vous ne vous fixez pas une cible de rendement (et de risque) à atteindre.

Ce qu’il vous faut avant tout, c’est un objectif. Ensuite – et seulement ensuite – vous déciderez des moyens à mobiliser.

Ne mettez pas la charrue avant les bœufs.

Comment se fixer un objectif de rendement et de risque ?

Lorsque vous investissez sur les marchés financiers, vous avez

  • des objectifs : faire fructifier un capital, préserver sa valeur, obtenir des revenus complémentaires, etc.
  • un horizon temporel : quelle est la durée prévue de vos investissements ? quelle est la probabilité que vous ayez besoin de retirer une partie des fonds avant ce terme ?
  • une sensibilité au risque : quel niveau de pertes êtes-vous prêt à supporter ?

Ces trois critères vous permettent de définir un rendement et un risque optimaux. Ce couple rendement-risque constitue votre objectif à atteindre.

Une fois que vous aurez défini votre objectif, vous devrez combiner des ETF, des OPC et/ou des actions pour l’atteindre. Soit vous le faites vous-même, soit vous faites appel à un professionnel.

Votre premier choix n’est pas entre des titres vifs, des ETF, ou des OPC. Il est entre faire seul ou faire faire. Ensuite que ce soit vous ou un professionnel, vous choisirez les outils avec lesquels vous êtes le plus à l’aise.

Il n’y a pas vraiment un support qui soit meilleur que d’autres. Que ce soit à partir de titres vifs, d’OPC ou d’ETF, il existe de nombreuses combinaisons qui vous permettront d’atteindre votre objectif. Et que ce soient des titres vifs, des OPC ou des ETF, il faudra les sélectionner et les combiner. Cela demandera du temps et des connaissances. Soit ce sera votre temps et vos connaissances, soit le temps et les connaissances d’un autre, que vous rémunérerez.

Le choix entre titres vifs, OPC ou ETF n’est pas le plus crucial. C’est un choix de second ordre, qui est surtout mis en avant par les distributeurs d’OPC et d’ETF. Ils plaident pour leur paroisse et c’est normal, mais vous ne devez pas oublier l’essentiel.

L’expertise dont vous avez le plus besoin, ce n’est pas celle d’un gérant de fonds. C’est celle qui consiste à savoir construire un portefeuille qui combine différentes classes d’actifs et qui soit calibré pour délivrer le rendement et le risque qui vous correspondent.

Quelle que soit l’option que vous retiendrez, ne vous trompez pas de choix. Le vrai choix, c’est faire seul à moindre coût ou recourir aux services d’un professionnel. Make or buy. Do it yourself… or not.

allocation d'actifs : faire ou faire faire, la vraie question

Conseiller financier indépendant
Titulaire d'un master en gestion de patrimoine et docteur en économie.

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