Faut-il absolument investir dans les ETF ?

Allocation d'actifs

Juil 09

Faut-il investir dans des ETF ?

Les ETF (ou trackers) sont très souvent présentés comme LA solution à l’investisement en Bourse, réputé compliqué et risqué. Faut-il croire cette promesse ? Faut-il absolument investir dans des ETF ? Non.

 

Sommaire


 

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Qu’est-ce qu’un ETF ?

Un ETF (Exchange-Traded Fund), aussi appelé fonds indiciel ou tracker, est un fonds visant à répliquer le plus fidèlement possible la performance d’un indice de référence. Il existe des ETF sur toutes les classes d’actifs (actions, obligations, matières premières, changes).

Les ETF sont des OPC (Organismes de placement collectif) et en France, ils sont cotés sur les marchés réglementés d’Euronext. Cependant, contrairement aux autres OPC, ils sont cotés en continu. Comme des actions, ils peuvent être achetés ou vendus tout au long de la journée.

Quel que soit leur indice de référence (sous-jacent), les ETF sont gérés de façon passive : alors que la gestion active a pour objectif de surperformer un indice de référence (appelé « benchmark »), la gestion passive (ou indicielle) cherche à répliquer fidèlement les performances d’un indice de référence.

Exemple : L’ETF BNP PARIBAS EASY CAC 40 UCITS (FR0010150458)

D’après le DICI Documents d’informations clés pour l’investisseur) l’objectif de ce tracker est « de répliquer la performance de l’indice CAC 40 Gross Return capitalisé, calculé dividendes réinvestis, quelle que soit son évolution à la hausse comme à la baisse. Cette réplication peut se faire soit directement, soit synthétiquement. Le FCP étant indiciel, il a pour objectif de maintenir l’écart de suivi en valeur absolue entre l’évolution de la valeur liquidative du FCP et celle de l’indice à un niveau inférieur à 1 %. Si cet écart de suivi dépasse 1 %, il ne devra en tout état de cause pas dépasser 5 % de la volatilité de l’indice. L’écart de suivi est calculé à partir des performances hebdomadaires observées sur les 52 dernières semaines. »

Depuis sa création et jusqu’au 6 juillet 2020, le fonds BNP PARIBAS EASY CAC 40 UCITS ETF affiche un rendement annuel moyen de 4,5 % et une volatilité de 21,4 %. Pour son indice de référence, ces valeurs sont respectivement de 4,3 % et 21,5 %

tracker CAC 40 DR

Comment les ETF répliquent-ils leur indice de référence ?

Les ETF ont pour but de répliquer les variations de leur indice sous-jacent de la manière la plus fidèle possible. Pour coller aux indices, les gestionnaires peuvent utiliser une méthode de duplication physique ou de réplication synthétique.

  • Duplication physique : le gestionnaire détient les titres composant l’indice, qu’il s’agisse d’actions ou d’obligations.
  • Réplication synthétique : les titres ne sont pas détenus en direct. Le portefeuille est construit sur la base de produits dérivés qui sont chargés de dupliquer l’évolution du sous-jacent.

Exemple : BNP PARIBAS EASY CAC 40

Dans le cas de l’ETF BNP PARIBAS EASY CAC 40 UCITS, le DICI indique que « L’actif du FCP sera composé d’instruments financiers (action de sociétés françaises de tous secteurs et/ou européens et d’instruments de taux obligataires et/ou monétaires, contrats financiers). Le FCP utilise soit la méthodologie de réplication dite ‘synthétique’ soit une méthodologie de réplication directe de l’indice. »

Le mode de réplication a assez peu d’intérêt pour l’investisseur dès lors que l’ETF réplique fidèlement son indice puisque quelle que soit la méthode de réplication, les ETF répondent aux règles de sécurité des placements collectifs (notamment la garantie des titres, la diversification des fonds, la présence d’un dépositaire séparé du gérant permettant de protéger vos actifs en cas de faillite de la société de gestion, etc.).

Il existe néanmoins une petite subtilité entre la réplication directe et la réplication synthétique. Comme le remarque Édouard Petit,

« La réplication synthétique permet à un ETF suivant un indice non européen d’être éligible au PEA (Plan d’Épargne en Actions). En effet, l’ETF possède des titres européens (hautement liquides) qu’il échange grâce à un swap de performance contre un autre indice, qui peut être non européen. Ainsi, l’ETF a bien les 75 % de titres minimum en actions européennes pour être éligible au PEA. »

Les ETF sont donc un moyen de contourner les limites imposées par le PEA et d’exposer son portefeuille à des marchés non européens.

Pourquoi investir dans des ETF ?

Tout d’abord, vous investirez dans des ETF pour les mêmes raisons que vous investirez dans des OPC : pour obtenir un rendement supérieur à celui des placements sans risque. En contrepartie, vous accepterez que votre capital ne soit pas garanti. En investissant dans des OPC, vous accepterez un risque de pertes à hauteur du rendement espéré. Faible, si le rendement espéré est faible ; élevé si le rendement espéré est élevé.

Ensuite, il existe plusieurs arguments qui incitent à privilégier les ETF par rapport au fonds traditionnels :

Vous privilégierez les ETF par rapport aux fonds classiques parce que les frais sont moindres. Pourquoi ? Parce que la gestion est passive et demande moins de ressources. Elle est donc naturellement moins coûteuse.

Vous privilégierez les ETF parce que vous préférerez vous exposer à un indice plutôt qu’à un fonds à gestion active. Pourquoi ?

  • Parce que vous n’avez ni le temps, ni l’envie, ni les outils pour choisir des fonds qui battent leur indice. Mieux vaut alors effectivement se rabattre sur cet indice.
  • Parce que vous avez des convictions sur cet indice.

Enfin, vous pourrez privilégier les ETF par rapport aux fonds traditionnels pour la transparence qu’ils offrent. Avec un ETF, vous savez exactement ce dans quoi vous investissez. En revanche, un fonds actif peut changer de stratégie sans que vous vous en rendiez compte.

Les fonds traditionnels battent-ils leur indice de référence ?

Il existe un vrai débat sur les performances comparées des fonds traditionnels et des ETF. Nombreux sont ceux qui avancent que seuls une fraction des fonds traditionnels battent leur indice de référence sur le long terme et qu’en conséquence, mieux vaut opter pour la gestion passive.

Pour y voir (un peu) plus clair, il est possible de comparer les performances d’un indice de référence et les performances de la moyenne des fonds correspondants. On peut en effet penser que plus les performances de l’indice de référence seront supérieures à celle de la moyenne des fonds, plus la part de fonds battant l’indice sera faible.

A titre illustratif, cet exercice a été mené à partir de la base de données de fonds de Quantalys pour l’indice CAC 40 (dividendes réinvestis). Force est de constater que les résultats sont assez proches, en termes de rendement (4,3 % pour l’indice de référence, 4,1 % pour la moyenne de la catégorie) que de volatilité (21,5 % contre 19,8 %). Les fonds qui battent l’indice ne doivent pas être si rares.

CAC 40 vs. moyenne des fonds
source : Quantalys

Ce même exercice pour les États-Unis montre en revanche une supériorité en termes de rendement de l’indice MSCI USA sur la moyenne des fonds « actions États-Unis ». Le rendement moyen de l’indice de référence est supérieur d’environ un point (9,2 % contre 8 %). La volatilité est en revanche plus élevée (18,1 % contre 16,6 %).

Il semblerait donc qu’il soit plus difficile de battre l’indice MSCI Usa que le CAC 40 dividendes réinvestis.

MSCI USA vs. moyenne des fonds
source : Quantalys

Au vu de ces résultats, il apparaît difficile d’affirmer que la gestion passive est supérieure à la gestion active. Cela mériterait des investigations plus poussées.

Les ETF, une solution miracle ?

Les ETF sont des produits compréhensibles et peu coûteux, voire plus performants que la moyenne des fonds traditionnels. Ils peuvent donc convenir à des investisseurs qui ne souhaitent pas passer du temps à chercher des fonds qui battent régulièrement leur indice de référence.

Mais attention (c’est là le raccourci emprunté par les promoteurs des ETF), ce n’est pas parce que les ETF sont simples que l’investissement en Bourse devient simple.

En effet, l’objectif d’un portefeuille n’est pas de suivre un indice de référence.

L’objectif d’un portefeuille n’est pas de répliquer le CAC 40 ou le Dow Jones, ou tout autre indice. Il est de combiner des classes d’actifs pour obtenir un couple rendement/risque qui soit cohérent avec votre profil de risque, votre horizon temporel et vos objectifs (je peux d’ailleurs vous y aider par le biais de la gestion conseillée).

Le plus important, c’est de bien répartir vos investissements entre les actions et les obligations, les zones géographiques, ou encore les secteurs. Ce n’est pas de répliquer un indice.

Un exemple ?

Entre 2005 et 2020, les actions ont progressé de 9 % aux États-Unis et de 4 % en France. Était-il préférable d’avoir investi dans un fonds traditionnel « actions États-Unis » qui rapportait en moyenne 8 % (soit moins que l’indice), ou dans un ETF CAC 40 dividendes réinvestis qui procurait 4 % par an ?

Dans ce cas, c’est bien la classe d’actifs qui importe (actions États-Unis vs. actions France), pas le type de produit (fonds traditionnel vs. ETF).

ETF ou fonds traditionnel ?

Les ETF sont des produits intéressants. Ils peuvent même être meilleurs que les fonds traditionnels. Mais ce n’est pas parce que vous investirez dans des ETF que votre portefeuille sera compatible avec vos caractéristiques et vos préférences.

Le choix entre ETF et fonds traditionnels est secondaire. Si votre stratégie est mauvaise, peu importe que vous ayez investi dans des ETF. Vous serez déçu.