Assurance vie : avantages et inconvénients d’un placement populaire

par Arnaud Sylvain | Assurance-vie

Fév 14

Assurance vie: avantages et inconvénients d'un placement populaire

L’assurance vie est un placement populaire qui a de multiples avantages. Mais connaissez-vous ses inconvénients ?

 


Synthèse rapide : Atouts et Points de vigilance

Avantages de l’Assurance Vie Inconvénients et Risques
Fiscalité privilégiée : Abattements après 8 ans et cadre hors succession. Frais stratifiés : Frais d’entrée, de gestion et sur unités de compte (UC).
Disponibilité : L’argent reste liquide via rachats ou avances. Complexité : Nécessite une gestion active pour battre l’inflation.
Diversité : Accès aux fonds euros, ETF, SCPI et fonds ISR. Transfert partiel : Mobilité limitée à l’assureur actuel (Loi Pacte).

 

L’assurance vie est un placement prisé des Français puisque 41 % des ménages détiennent au moins un contrat d’assurance vie. En 2026, l’encours global de ces contrats a franchi la barre symbolique des 1 950 milliards d’euros.

À titre de comparaison, plus de 80 % des ménages détiennent un livret défiscalisé (Livret A, Ldds, etc.) mais l’encours de ces livrets reste inférieur à celui de l’assurance vie, témoignant de la confiance des épargnants dans ce véhicule de long terme.

Souplesse, fiscalité, transmission : Les avantages de l’assurance vie

Pourquoi les ménages investissent-ils autant d’argent dans l’assurance vie ?

Parce que l’assurance vie présente plusieurs avantages. Vous les connaissez certainement, mais il est utile de les rappeler.

  • La souplesse : Tout versement initial peut être complété par des versements complémentaires, réguliers ou non. Il est également possible de clore un contrat ou d’effectuer des retraits (rachats) à tout moment (contrairement au PER par exemple, où les fonds sont bloqués jusqu’à la retraite). Par ailleurs, il est parfois possible de disposer d’une avance. C’est un mécanisme qui permet d’emprunter une somme auprès de l’assureur et d’éviter ainsi un rachat partiel.
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    L’avance en assurance vie

    Qu’est-ce qu’une avance ?

    L’avance est un prêt. En cas de besoin temporaire de liquidités, le souscripteur d’un contrat d’assurance vie peut demander à la compagnie d’assurances de lui avancer le montant nécessaire. Le montant de l’avance correspond à une fraction de la valeur du contrat d’assurance vie et ne peut dépasser une part fixée dans les conditions générales.

    Comme l’avance est un prêt, la valeur de rachat du contrat est inchangée et n’est pas diminuée du montant de l’avance. L’avance ne modifie pas non plus l’allocation d’actifs (vos fonds continuent de produire des intérêts sur 100% du capital).

    Quel est le taux de l’avance ?

    Le taux d’intérêt appliqué est généralement le rendement du fonds en euros majoré de 1 ou 2 points. Ce coût peut être compensé par la rémunération des sommes laissées sur le contrat. Attention néanmoins, si le contrat subit des moins-values sur les unités de compte, cela accroîtra le coût relatif de l’avance.

    Rachat ou avance ?

    Lors d’un rachat, vous payez l’impôt sur les plus-values. En cas d’avance, il n’y a pas de fiscalité car c’est un prêt destiné à être remboursé. C’est un outil de gestion de trésorerie extrêmement efficace.

     

  • La possibilité de se constituer un capital à long terme grâce à des supports variés.
  • Contrairement au livret A, un contrat d’assurance vie est un véritable produit d’investissement. Vous pouvez accéder à des fonds en euros sécurisés, mais aussi à des Unités de Compte (UC) comme des ETF (trackers), des SCPI (immobilier) ou des fonds labellisés ISR (Investissement Socialement Responsable).
  • La fiscalité est l’atout majeur : les gains ne sont pas imposables tant qu’ils restent dans le contrat. Après 8 ans, vous bénéficiez d’abattements annuels importants sur les plus-values lors de vos retraits.
  • À noter : la fiscalité avantageuse après 8 ans ne signifie pas que les rachats sont exemptés d’impôt, mais que les plus-values bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Au-delà, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 7,5 % pour les versements antérieurs à septembre 2017, ou à un taux dégressif selon la date des versements et le montant total des encours. Ce mécanisme récompense donc les épargnants patients et ceux qui effectuent des rachats progressifs plutôt qu’un retrait global.

Vidéo : La fiscalité de l’assurance vie

La fiscalité de votre contrat d’assurance vie
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Investir ou épargner : quelle différence ?

Épargner, c’est mettre de côté pour plus tard. Vous pouvez épargner par précaution ou pour financer un projet. Investir, c’est placer pour obtenir du rendement. L’assurance vie permet de faire les deux au sein de la même enveloppe.

 

  • Liquidité et disponibilité. Votre argent n’est pas bloqué 8 ans. Vous pouvez récupérer vos fonds rapidement. Ce caractère liquide est un avantage majeur face à l’immobilier physique où la revente est longue et coûteuse.
  • Une transmission optimisée. Les primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. C’est un outil hors pair pour transmettre un capital avec une taxation réduite, voire nulle.

Le transfert de contrat : Ce que change la Loi Pacte

On entend souvent que l’on est « prisonnier » de son assureur. C’est de moins en moins vrai. Grâce à la Loi Pacte, vous pouvez désormais transférer votre épargne vers un contrat plus récent ou moins cher, à condition de rester chez le même assureur. Cela permet de moderniser son contrat (accès aux ETF, meilleurs frais) sans perdre l’antériorité fiscale de son épargne.

Un point de vigilance cependant : cette portabilité reste limitée au périmètre d’un même assureur. Si votre compagnie actuelle ne propose pas de contrat performant avec accès aux ETF et des frais de gestion compétitifs (idéalement inférieurs à 0,6 % par an sur les unités de compte), vous ne pouvez pas transférer votre épargne vers un assureur concurrent sans déclencher une fiscalité sur les plus-values accumulées. Dans ce cas, la question mérite d’être posée : vaut-il mieux supporter la fiscalité du rachat aujourd’hui pour accéder à un meilleur cadre sur le long terme ? La réponse dépend de l’horizon de placement et du montant des plus-values latentes.

Vidéo : les avantages de l’assurance vie

L’assurance-vie
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Les inconvénients de l’assurance vie : de mauvais contrats mal utilisés

Les inconvénients souvent cités sont réels, mais ils résultent souvent d’un mauvais choix de contrat au départ :

À ces inconvénients, on peut ajouter deux angles souvent négligés. D’abord, la comparaison avec le PEA : pour un épargnant qui souhaite investir uniquement en actions européennes ou en ETF actions, le Plan d’Épargne en Actions est souvent plus efficace. Ses frais sont généralement inférieurs, et sa fiscalité après 5 ans est équivalente voire meilleure. L’assurance vie prend l’avantage dès lors que l’on souhaite diversifier sur des supports non éligibles au PEA (SCPI, fonds obligataires, ETF monde, etc.) ou préparer une transmission. Ensuite, le délai de règlement en cas de décès : bien que l’assurance vie soit hors succession, les compagnies disposent légalement d’un délai d’un mois pour verser le capital aux bénéficiaires après réception des documents complets. En pratique, ce délai peut s’étirer si le dossier est incomplet ou si le bénéficiaire est difficile à localiser.

Des contrats qui vous tirent vers le bas

La grande majorité de l’encours français est captée par des contrats bancaires d’entrée de gamme médiocres. Le vrai gagnant est alors l’assureur, qui prélève des frais à tous les étages. À l’opposé, les contrats « en ligne » proposent souvent 0% de frais sur versement et des frais de gestion réduits.

L’assurance vie, un outil complexe

En termes de transmission : bien rédiger une clause bénéficiaire est crucial. Une erreur de rédaction peut rendre caduque l’optimisation fiscale ou créer des tensions familiales. Mieux vaut consulter un professionnel pour les clauses complexes.

En termes de constitution de patrimoine : Pour obtenir du rendement en 2026, il faut s’exposer aux marchés financiers. Mais cela nécessite de connaître sa tolérance au risque.

Le couple rendement-risque
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Sans stratégie claire, l’épargnant risque deux erreurs classiques :

  • Le 100% fonds en euros : sécurité totale mais rendement réel proche de zéro après inflation.
  • L’investissement « au petit bonheur la chance » : sans diversification réelle, ce qui mène souvent à la panique lors des premières secousses de marché.

Un troisième écueil mérite d’être mentionné : la gestion pilotée. De nombreux contrats proposent une délégation de gestion à un gestionnaire professionnel, en contrepartie de frais supplémentaires. Si cette option peut convenir aux épargnants qui ne souhaitent pas s’impliquer, il faut s’assurer que les performances nettes de frais justifient ce surcoût. Une gestion pilotée facturée 0,3 % par an en plus des frais courants peut sembler modeste, mais représente sur 20 ans un écart de performance significatif par rapport à une allocation simple en ETF gérée soi-même.

Risque assureur : votre argent est-il vraiment en sécurité ?

C’est un point souvent occulté : contrairement au Livret A, l’assurance vie n’est pas garantie par l’État. En cas de faillite de la compagnie d’assurance, c’est le FGAP (Fonds de Garantie des Assurances de Personnes) qui intervient.

  • Le plafond : L’indemnisation est limitée à 70 000 € par assuré et par assureur.
  • La stratégie : Si votre capital dépasse ce montant, il est prudent de diversifier vos avoirs chez plusieurs assureurs différents pour multiplier cette protection.

À noter : Sur les unités de compte (UC), vous supportez le risque de marché (baisse des cours), mais ces actifs sont « cantonnés » hors du bilan de l’assureur, ce qui offre une protection indirecte supplémentaire en cas de défaut de ce dernier.

Conclusion : L’assurance vie reste l’enveloppe de référence pour épargner à long terme et préparer sa transmission. Mais elle n’est pas universellement supérieure à ses alternatives. Son efficacité dépend de trois conditions : choisir un contrat à frais réduits (0 % sur versements, moins de 0,6 % de gestion annuelle sur UC), construire une allocation adaptée à son horizon et à sa tolérance au risque, et rédiger une clause bénéficiaire précise, idéalement avec l’aide d’un conseiller. Un bon contrat bien géré peut transformer cet outil en véritable levier patrimonial. Un mauvais contrat mal suivi, en revanche, ne sera avantageux que pour l’assureur.