Faut-il investir dans les matières premières ?

Allocation d'actifs

Mar 01

L’investissement dans les matières premières s’adresse plutôt à des investisseurs spéculateurs. Pour les investisseurs de long terme, les matières premières constituent une opportunité de diversification qui semble néanmoins peu rentable.

 


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Les matières premières, un ensemble hétérogène

Les matières premières regroupent l’ensemble des produits initiaux servant à la production ou à la fabrication de produits finis ou manufacturés. Il s’agit aussi bien des matériaux permettant de fabriquer ces produits finis que les matières premières énergétiques nécessaires à leur élaboration.

Ainsi, les matières premières peuvent être des matières premières agricoles (blé, huiles, etc.), des minerais (fer, or, etc.), et des matières premières énergétiques (pétrole, charbon, gaz).

Les matières premières sont cotées en Bourse et il existe différents produits qui permettent d’y investir sans les détenir physiquement.

Pourquoi investir dans les matières premières ?

Il existe plusieurs raisons d’investir dans les matières premières :

  • Les matières premières protègent de l’inflation car ce sont des actifs réels qui ont une valeur intrinsèque. Lorsque les prix augmentent, leur prix augmente également pour maintenir constante leur valeur d’usage. Si un litre d’essence permet toujours de parcourir la même distance ou un kilo de blé la même quantité de farine, il est compréhensible que son prix évolue comme l’inflation.
  • Les matières premières permettent de diversifier un portefeuille car leurs performances sont peu corrélées à celles des principales classes d’actifs (actions, obligations, etc.).
  • Certaines matières premières constituent des valeurs refuges. Il s’agit d’y investir pour se protéger en cas de crise financière ou économique. L’or est ainsi la valeur refuge par excellence.
  • Un super cycle des matières premières (défini comme “des mouvements supérieurs à la tendance pendant des décennies dans une large gamme de prix des matériaux de base”) pourrait s’enclencher à la suite d’une augmentation structurelle de la demande et d’une offre qui ne pourrait s’ajuster. Il en résulterait donc une hausse des prix durable. Ainsi d’après Goldman Sachs (“2021 Commodities Outlook: REVing up a structural bull market”, Nov. 18, 2020), la demande augmenterait dans un monde post-covid sous l’effet d’investissements industriels massifs (révolution industrielle verte) et d’une reconstruction sociale générant un boom de la consommation. Cette hypothèse d’un supercycle n’est cependant pas partagée par tous.

Prix de l’énergie et des matières premières : une flambée en trompe l’œil

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Matières premières : oui, mais…

Les raisons de ne pas investir dans les matières premières sont également nombreuses :

  • Les matières premières sont diverses et volatiles. Leur cours peut fortement fluctuer en raison d’événements imprévus, qu’ils soient climatiques, géopolitiques, etc. Elles concernent donc plutôt les investisseurs qui s’inscrivent dans une logique spéculative. Cette logique spéculative est d’ailleurs renforcée par le fait que leur valorisation constitue leur seule source de rendement. La spéculation se définit en effet comme un pari sur la valorisation future.
  • Il existe d’autres moyens de se protéger de l’inflation. L’immobilier et les actions sont également des remparts contre l’inflation. Ce sont même les classes d’actifs qui semblent le plus profiter des politiques accommodantes des banques centrales, à tel point que le terme de “bulle” revient de plus en plus fréquemment pour qualifier ces marchés. Or, pour les particuliers, ces classes d’actifs sont plus faciles d’accès que les matières premières.
  • Investir dans les matières premières est relativement compliqué.
    • Des OPCVM sont disponibles dans les contrats d’assurance vie mais ils sont relativement peu nombreux. Par ailleurs, il s’agit d’une exposition indirecte (actions de mines d’or ou de producteurs d’énergie) et/ou agrégée (les OPCVM portent sur un panier de matières premières).
    • Il y a parfois des ETC dans des contrats d’assurance vie mais c’est encore plus rare et le plus souvent limité à l’or. Un ETC est un certificat d’indexation pure dont le sous-jacent n’est autre qu’une matière première. Il s’agit en quelque sorte d’une variante des ETF investie dans les matières premières.
    • Si vous voulez vraiment investir dans les matières premières, vous devrez sortir de l’assurance vie pour ouvrir un compte titres et investir dans des ETC. D’autres produits existent, et notamment les CFD ou les futures. Attention néanmoins, ce sont des instruments complexes à effet de levier. Ils sont donc à réserver exclusivement aux spéculateurs avisés.

Par ailleurs, pour ceux qui souhaitent investir dans des matières premières, méfiez-vous des arnaques qui pullulent sur internet (et qui concernent l’or et argent mais aussi les diamants ou les terres rares) et soyez très prudents. i vous avez des doutes, n’hésitez pas à contacter l’Autorité des Marchés financiers (AMF)

Faut-il investir dans les matières premières ?

Si vous êtes un spéculateur, les matières premières sont une classe d’actifs de choix, tout comme les devises. Les fluctuations de court terme sont importantes et les perspectives de gain (comme de perte) élevées. À vos risques et périls.

Si vous souhaitez diversifier et protéger votre portefeuille de titres, pourquoi pas.

Gardez néanmoins à l’esprit que ce sont des produits risqués, à utiliser dans des proportions compatibles avec votre profil de risque.

De plus, les matières premières affichent des performances plutôt contrastées à long terme, comme en témoigne l’évolution de l’indice S&P GSCI, indice synthétique composé de 24 matières premières issues de tous les secteurs.

S&P 500 et S&P GSCI
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Pour conclure, si ce n’est pas la spéculation qui vous anime, l’investissement dans les matières premières ne présente qu’un intérêt limité. Les matières premières permettent de diversifier un portefeuille financier mais cette diversification se révèle peu rentable à long terme, comme en témoigne l’évolution de l’indice S&P GSCI. L’immobilier semble finalement une voie plus prometteuse.