Or, immobilier, devises… Quelles sont les valeurs refuges en temps de crise ?

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Avr 26

Quelles sont les valeurs refuges ?

Lorsqu’une crise financière survient, les investisseurs sont tentés de se tourner vers des valeurs refuges pour sécuriser leur patrimoine. Quelles sont-elles ? Est-ce bien raisonnable ?

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Qu’est-ce qu’une valeur refuge ?

Une valeur refuge est un investissement qui permet de sécuriser son patrimoine en temps de crise. C’est un actif dont la valeur reste stable voire augmente en période de crise.

Pourquoi investir dans une valeur refuge ?

L’investissement dans une valeur refuge résulte avant tout d’une volonté de protéger sa richesse.

Une valeur refuge vise à protéger la richesse de son détenteur dans des périodes où les autres investissements voient leur valeur diminuer. Comme elle est supposée préserver le pouvoir d’achat de son détenteur en période de crise, une valeur refuge doit être un placement relativement sûr. Cependant, elle n’a pas pour objectif de faire gagner de l’argent. Une valeur refuge ne garantit donc pas l’absence de perte.

Quand investir dans une valeur refuge ?

Les valeurs refuges sont généralement recherchées lorsque les perspectives d’avenir sont négatives, durant des périodes de turbulences économiques et financières. Ce peut-être avant que la baisse des marchés n’intervienne, ou lorsque celle-ci est déjà engagée par crainte que la situation ne s’aggrave.

Quoi qu’il en soit, ces actifs ne sont pas destinés à être conservés en dehors des périodes de crise et de turbulences. Sur le long terme, ces placements présentent d’ailleurs des rendements moyens inférieurs aux actions.

Quelles sont les principales valeurs refuges ?

Plus la crise anticipée sera grave (d’une simple récession à l’effondrement de l’économie, en passant par la faillite du système financier), plus les valeurs refuges devront être déconnectées de la finance et de l’économie.

Si vous anticipez une contraction des marchés financiers et une récession économique, mais que vous conservez votre confiance dans le système financier, vous vous dirigerez vers les solutions d’épargne bancaire et financière sans risque, habituellement réservées à l’épargne de précaution ou à l’épargne projet : livret A (ou LDDS) et fonds en euros des contrats d’assurance vie. Pour plus de précautions, vous pourrez même limiter vos dépôts dans les limites garanties par le FGDR (100 000 euros pour les comptes courants et la même somme pour l’épargne réglementée) et le FGAP (70 000 euros pour les contrats d’assurance vie).

Si vos craintes sont plus extrêmes et que vous doutez de la pérennité de votre banque ou de votre assureur, ou que vous craignez un éclatement de la zone euro et/ou un effondrement de l’économie, vous pouvez vous tourner vers des valeurs refuges plus radicales.

Les actifs physiques

Lorsque les marchés financiers plongent, les investisseurs préfèrent se tourner vers des actifs tangibles, des actifs qui possèdent une valeur intrinsèque. Alors que la valeur de la monnaie ou d’une action est théoriquement susceptible de tomber à zéro en cas d’hyperinflation ou de faillite, un actif physique possédera toujours une valeur intrinsèque, indépendamment des conditions extérieures.

L’or est la valeur refuge par excellence. Pour ses partisans, l’or est même la réserve de valeur ultime en cas d’effondrement de l’économie.

La valeur de l’or ne dépend pas des résultats d’une société ou de la capacité d’un état ou d’une entreprise à rembourser sa dette. Sa valeur ne dépend d’aucune monnaie. L’or est un support qui ne dépend pas directement des marchés financiers. L’or ne procure ni intérêt, ni dividende, ni coupon (ce qui n’est pas forcément un défaut comparativement à des obligations qui proposent un taux négatif). Sa rareté, couplée à un « fétichisme métallique » forment le socle de sa valeur. Comme le rappelle la Banque de France dans une de ses publications,

« Pendant des centaines d’années, les métaux précieux comme l’or ou l’argent ont été utilisés comme moyen d’échange dans le commerce national et international. Ils avaient plusieurs propriétés désirables : ils étaient durables, transportables, rares et il était difficile de les falsifier car leurs caractéristiques physiques étaient bien connues et facilement vérifiables. »

Si l’or est bien une valeur refuge, rien n’assure pourtant qu’il remplira à coup sûr son rôle. Son cours est parfois volatil et baisse parfois lui aussi en temps de crise.

Si vous deviez néanmoins vous laisser tenter par un investissement en or, privilégiez l’or physique et non un produit financier répliquant le cours de l’or ou des parts d’une société minière. Si vous investissez dans l’or comme valeur refuge, c’est justement parce qu’il ne dépend pas des marchés financiers.

L’immobilier est aussi une valeur refuge car c’est un actif tangible et que « tout le monde a besoin d’un toit ».

Cependant, s’il n’est effectivement pas corrélé positivement aux cycles financiers, l’immobilier n’en connaît pas moins ses propres cycles et ses propres crises. Tout le monde a peut-être besoin d’un toit mais ces toits sont parfois trop nombreux et trop chers, quand ils ne sont pas mal placés. La valeur d’un bien immobilier ne tombera jamais à zéro mas cela n’empêche pas qu’elle peut diminuer significativement.

Par ailleurs, dans la crise actuelle liée au coronavirus, la plus grande prudence s’impose concernant les SCPI. Plusieurs entreprises ont en effet suspendu le paiement de leur loyer et si les SCPI bénéficient généralement de réserves, rien ne garantit qu’elles soient suffisantes. Bien évidemment, les investissements en résidences étudiantes, d’affaires et de tourisme, sont aussi à reconsidérer.

Tous les actifs tangibles ne sont cependant pas des valeurs refuges. Pourquoi ? Parce que leur valeur n’est pas stable, que leur liquidité n’est pas assurée, ou qu’ils peuvent être l’objet de spéculation. Haro donc sur les diamants, terres rares, vaches (!) ou autres actifs tangibles plus ou moins exotiques, d’autant plus que l’arnaque n’est parfois pas très loin.

Les devises

Certaines devises peuvent être considérées comme des valeurs refuges en temps de crise, même si elles restent prisonnières du système monétaire international.

Les devises considérées le plus souvent comme des valeurs refuges sont le franc suisse, le yen japonais ou le dollar américain.

Pour jouer le rôle de valeur refuge, une devise doit posséder plusieurs qualités : elle nécessite une économie robuste, une politique monétaire relativement conservatrice et une base monétaire suffisamment liquide (plus un marché financier est liquide, plus il est aisé, rapide et économique d’y réaliser des transactions).

Le franc suisse bénéficie d’un statut de valeur refuge depuis des années. La banque centrale dispose d’une importante réserve d’or, le pays est stable et bien géré. La suisse est par ailleurs un pays très innovant en matière de technologie. En outre, en dépit de sa relative petite taille, elle est l’une des plus importantes nations exportatrices au monde.

Monnaie-étalon, le dollar américain bénéficie d’importants engouements en période de crise.

Le yen est une valeur refuge car l’économie japonaise est très largement financée par les Japonais eux-mêmes. Ainsi, plus de 90 % de la dette de l’Etat japonais est détenue par les Japonais eux-mêmes. En conséquence, le Japon bénéficie d’une stabilité financière qui contribue à garantir la solidité de sa monnaie. Cela explique que le yen apparaisse comme une valeur refuge en temps de crise.

Pour investir dans une devise forte, vous pouvez ouvrir un compte dans le pays concerné, acquérir des obligations libellées dans cette monnaie, voire vous rendre dans un bureau de change.

Mi-devise, mi-or numérique, le Bitcoin est-il une valeur refuge ?

Le Bitcoin est apparu au lendemain de la crise de 2008 et a été conçu pour s’affranchir des banques centrales, des États et du pouvoir politique en général. Il n’est soumis à l’autorité d’aucun État, d’aucun système monétaire ni d’aucune contrainte réglementaire.

Le Bitcoin est une monnaie virtuelle qui permet d’effectuer des transactions dans le monde entier sans aucun intermédiaire. Il a été créé selon un algorithme complexe qui garantit la sécurité et l’authenticité de ces transactions. La quantité de monnaie créée par le système est limitée par le programme à 21 millions de Bitcoins et selon un rythme défini à l’avance. À l’image de l’or, le Bitcoin n’existe qu’en quantité limitée.

Du fait de sa rareté et de son indépendance des marchés financiers, le Bitcoin est parfois considéré comme un « or numérique » et une valeur refuge potentielle. Plusieurs éléments l’empêchent néanmoins de revendiquer ce statut.

  • Le cours du Bitcoin est très volatil et subit de très fortes variations.
  • Le Bitcoin ne bénéficie d’aucun cadre juridique protecteur en cas de perte ou en cas de vol.
  • Le Bitcoin n’a aucune fonction autre que celle d’être un actif financier. Ce n’est pas un actif tangible ni une monnaie qui tire sa force d’un État.

Faut-il investir dans des valeurs refuges ?

Dans les grands pays industrialisés, l’investissement dans les valeurs refuges telles que l’or ou les devises répond plus à des craintes irrationnelles qu’à des réalités économiques.

Lors de chaque crise, des prophètes de malheur se félicitent d’avoir prévu ce qui arrive et nous annoncent le pire. Comme ils tiennent le même discours lors de chaque crise et que le système est toujours debout (même s’il a pu être fortement secoué), ils nous assurent que cette fois, c’est différent et bien plus grave. Ils sont l’exact symétrique de ceux qui, lorsque les marchés sont au plus haut, jurent que les crises appartiennent au passé et que les indices peuvent monter indéfiniment. Pour eux aussi, cette fois c’est différent.

Il y a une très forte probabilité que les cycles que nous connaissons se poursuivent, même si leur fréquence pourra se modifier. À la baisse succédera la hausse, et vice-versa. Et sinon ? Si les économies des grands pays industrialisés devaient s’effondrer, le chaos serait tel que ces valeurs refuges ne protégeraient finalement de rien. Si le réchauffement climatique ruine la planète et la rend inhabitable, détenir des yens ou des lingots d’or y changera-t-il quelque chose ?

La problématique est bien entendu différente dans des pays aux économies plus fragiles, où le risque d’un effondrement peut être réel. Des pays font régulièrement défaut sur leur dette ou connaissent une hyperinflation ravageuse. Le Venezuela et le Zimbabwe sont là pour nous le rappeler.
Il serait néanmoins osé de comparer la zone euro ou les États-Unis à ces pays. Ces économies peuvent subir des secousses mais sont suffisamment robustes pour survivre. Des faillites de banques ou d’assurances ne seront pas suffisantes pour les mettre à bas, n’en déplaisent à ceux qui assurent (espèrent ?) le contraire.

S’il peut être intéressant d’investir dans de valeurs refuges, c’est finalement dans une optique de diversification plutôt que d’effondrement généralisé du système. Diversifier son patrimoine reste encore une fois le meilleur moyen de traverser les crises sans angoisses existentielles.

Une autre solution pour limiter les angoisses liées aux crises financières consiste à adapter vos placements financiers à votre tolérance au risque (il existe des professionnels pour vous y aider). En cas de crise, les pertes que vous subirez resteront acceptables et vous permettront d’attendre la reprise des marchés avec confiance. Avec un conseiller qui suit vos placements, vous pourrez même avoir anticipé la crise et mis en place une stratégie adaptée…

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