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Contrats Euro-croissance : des contrats prometteurs ?

Assurance-vie

Nov 24

assurance-vie : les nouveaux contrats "Euro-croissance"

La Loi de Finance rectificative pour 2013 annonce la création d’un nouveau type de contrat d’assurance-vie visant à se substituer aux fonds en euros : les contrats « Euro-croissance ». Ces contrats qui garantissent votre capital à l’issue d’une période de 8 ans et délivrent un rendement (espéré) supérieur à celui des fonds en euros sont-ils intéressants ?


Sommaire


Contrats « Euro-croissance » : réorienter l’épargne des ménages en proposant une alternative aux fonds en euros

Dans le prolongement du rapport Berger-Lefebvre, le Gouvernement souhaite « réformer le régime fiscal de l’assurance-vie afin de mieux mobiliser les encours d’assurance-vie au service du financement de l’économie ». Comme les encours des contrats d’assurance-vie sont investis à 85 % sur des fonds en euros, il s’agit donc de proposer une alternative à ces fonds.

Pourquoi réorienter les encours déposés sur les fonds en euros ? Parce que la garantie en capital des fonds en euros incite les compagnies d’assurance à investir ces encours sur des titres de créance (des obligations, et notamment des obligations souveraines). Afin d’inciter les compagnies d’assurance à investir sur d’autres supports et améliorer ainsi le financement de l’économie, un nouveau contrat « Euro-croissance » est donc proposé : il ne garantit plus le capital à tout moment mais seulement « à terme », soit au bout de 8 ans.

Débarrassées de cette contrainte de garantie en capital à tout moment, les compagnies d’assurance pourront donc diversifier leurs investissements et s’orienter vers des actifs plus risqués. Le financement de l’économie s’en trouvera donc amélioré. Le rendement de ces contrats devrait être plus élevé que celui des fonds en euros (plus de risque implique plus de rendement), leur succès est donc garanti.

Vraiment ?

Si cette nouvelle offre de contrat possède une vertu, c’est celle d’amener les épargnants à s’interroger sur l’allocation de leur épargne et à redécouvrir la dimension temporelle de l’épargne, occultée par les bonnes performances des fonds en euros jusqu’à un passé récent. En revanche, il ne semble aucunement que le succès de ce nouveau contrat soit acquis : En effet, pourquoi investir sur un contrat dont la seule garantie est celle de récupérer son capital au bout de 8 ans, sans protection contre l’inflation ni intérêt ?

Contrats « Euro-croissance » : des alternatives existent déjà

Les nouveaux contrats « Euro-croissance » pourraient peiner à séduire car plusieurs alternatives crédibles existent déjà :

  • Dans un contexte de baisse des rendements des fonds en euros, les épargnants prudents peuvent se tourner vers les comptes à terme, qui offrent une garantie en capital et une rémunération connue à l’avance en échange d’une épargne bloquée.
  • Les épargnants qui souhaitent bénéficier des avantages des fonds en euros (garantie en capital à tout moment, rendement positif chaque année) et d’une diversification (limitée) en actions peuvent placer leur épargne sur des fonds en euros dynamiques.
  • La gestion profilée/ pilotée proposée dans de nombreux contrats d’assurance-vie s’adresse à ceux qui souhaitent une diversification plus prononcée en actions. Une allocation d’actifs décidée par des professionnels reconnus n’est-elle pas plus rassurante qu’une garantie en capital au bout de 8 ans ?
  • Enfin, l’investissement en SCPI n’est pas à négliger. Même si le marché de l’immobilier d’entreprise connaît quelques turbulences, le rendement correct délivré par ce produit depuis de nombreuses années en fait également une alternative crédible au nouveau contrat « Euro-croissance ».

La clé du succès des contrats « Euro-croissance » : Une juste rémunération du risque

Face à ces alternatives, les contrats « Euro-croissance » sont-ils pour autant voués à l’échec ? Cela dépendra du rendement qu’ils seront capables de délivrer.

Pour que les épargnants adoptent ces contrats le rendement de ces contrats devra être sensiblement meilleur que celui des fonds en euros. Pourquoi ? Parce que le risque encouru sera plus élevé. Les épargnants courront en effet le risque d’une perte en capital s’ils retirent leurs fonds avant 8 ans. Ils pourraient également ne récupérer que leur capital à l’issue de ces 8 ans.

Compte tenu des produits déjà existants, une rentabilité annuelle moyenne de l’ordre de 5 % (comparable à celle des SCPI) semble le minimum acceptable. Couplée à l’antériorité fiscale (le transfert d’un contrat d’assurance vie existant vers un contrat « Euro-croissance » s’effectuera sans perte de l’antériorité fiscale) et à une imposition aux prélèvements sociaux qui ne devrait pas s’effectuer au fil de l’eau mais à l’issue de la période de 8 ans, un tel niveau de rémunération pourrait attirer de nombreux épargnants.

Comme ces nouveaux contrats ne disposeront que d’un historique de performance limité, les compagnies d’assurance devront par ailleurs veiller à maintenir un équilibre entre les promesses de rendement et les performances.

Les nouveaux contrats « Euro-croissance » devront faire face à un niveau d’exigence élevé de la part des épargnants. Leur succès dépendra de leur qualité. Nul doute que les contrats qui auront du succès seront de très bons produits.

Vous souhaitez en savoir plus sur les contrats « Euro-croissance » ? Consultez cet autre article du Blog : Contrats Euro-croissance : Cardif Multiplus Perspective donne l’exemple

Ressources complémentaires

Rapport Berger-Lefebvre (Pdf, 2,10 Mo)