Comment (bien) placer un capital ?

par Arnaud Sylvain | Allocation d'actifs

01 Juin 2022

Comment bien placer un capital ?

Que feriez-vous si vous aviez de l’argent ? Voilà une question à laquelle il est très facile de répondre… Jusqu’au jour où vous avez effectivement de l’argent.

Un problème capital

Vous l’avez. Vous ne vous y attendiez pas mais vous l’avez. Ce capital va vous rendre la vie plus facile. Sans aucun doute.

Votre première décision, ce sera de placer ce capital (en grande partie car vous avez quand même prévu quelques dépenses). Pas question de tout dilapider et de se retrouver après comme avant.

Ce capital doit vous permettre de réaliser des projets qui amélioreront durablement votre vie ou celle de vos proches : achat d’une résidence principale, création de votre entreprise, financement des études de vos enfants, préparation de votre retraite…

Mais ces projets ne sont pas prévus dans l’immédiat. En attendant, vous voulez le placer pour qu’il vous rapporte. Le problème, c’est que vous ne savez pas comment faire.

Vous placez déjà de l’argent tous les mois sur les conseils de votre banquier mais là, ce n’est pas pareil.

Ce que vous placez tous les mois, c’est de l’épargne. Vous accumulez pour vous constituer un capital et finalement, le rendement de cette épargne vous importe peu (vous avez tort, mais nous sommes tous pareils. Nous pensons tous que gagner 2, 3 voire 5 % de plus sur notre épargne mensuelle, ça n’est pas grand-chose. Faites le calcul et vous serez surpris).

Par contre, ce capital que vous voulez placer, vous voulez le faire fructifier. Vous voulez qu’il vous rapporte. Vous voulez le récupérer à terme, mais avec des intérêts. Vous ne voulez pas qu’il dorme sur votre compte courant ou sur un livret d’épargne pendant les 5, 10, voire 15 prochaines années.

Et ça, c’est compliqué. Comment choisir le bon placement ? Comment être sûr de ne pas se tromper ?

Pourquoi est-il si compliqué de placer un capital ?

Vous ne savez pas où placer votre capital parce que personne ne vous a expliqué comment faire. Vous avez appris à travailler et à mettre de l’argent de côté. Vous n’avez pas appris à faire travailler votre argent.

Personne ne vous a expliqué comment faire mais vous n’avez non plus cherché à apprendre. Vous ne pensiez pas vous retrouver dans cette situation. Ce capital, vous ne l’aviez pas prévu. Cette donation, cet héritage, ces gains au jeu, vous ne vous y attendiez pas. Par conséquent, vous n’êtes pas prêt.

Vous n’êtes pas prêt et vous ne savez pas vers qui vous tourner. Il y a bien votre banquier, mais vous n’êtes pas sûr qu’il agisse dans vos intérêts. Et hormis votre banquier, vous ne connaissez pas grand monde (si vous avez besoin de conseils pour choisir un bon conseiller, n’hésitez pas à consulter cet article).

Dans ces conditions, il est compliqué de bien placer un capital. D’autant plus que vous vous y sentez obligé car ce capital, c’est la chance de votre vie. Il ne manquerait plus que vous la gâchiez.

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Alors, on fait quoi ?

Posez-vous les bonnes questions pour obtenir les bonnes réponses

La bonne question, ce n’est pas de savoir dans quel(s) produit(s) vous allez investir pour gagner le plus d’argent possible. Comme vous le verrez, vous pouvez investir dans tous les produits qui vous intéressent (attention quand même aux arnaques qui pullulent sur internet).

La question est bien plutôt : Comment investir sans craindre que vos placements ne perdent trop de valeur ?

Pour répondre à cette question,

  • Vous devez tout d’abord évaluer le niveau de risque que vous ne devez pas dépasser.
  • Ensuite, vous déterminerez le rendement compatible avec ce niveau de risque.
  • Enfin, vous combinerez vos différents investissements pour obtenir de couple rendement/risque de référence.

Ce n’est que de cette manière que vous placerez correctement votre capital.

Le niveau de risque à ne pas dépasser

Pourquoi prendre des risques avec ses placements (investir dans des placements qui peuvent perdre plus ou moins de leur valeur) ? Parce que le rendement et le risque sont positivement liés. Plus vous prendrez de risque, plus vous pouvez espérer un rendement élevé.

Mais votre prise de risque ne doit pas dépasser un certain seuil défini par :

  • votre horizon de placement : plus votre horizon de placement sera long, plus vous pourrez prendre des risques.
  • votre profil de risque qui évalue votre capacité et votre volonté à prendre des risques.
  • vos objectifs de placement : vous ne prendrez pas les mêmes risques selon que vous souhaitez absolument protéger la valeur de votre capital ou que vous voulez le faire fructifier en acceptant la possibilité d’une perte à terme.

Lorsque vous avez évalué votre niveau de risque à ne pas dépasser (la volatilité maximale de votre portefeuille boursier par exemple), vous en déduisez le rendement que vous pouvez espérer.

Il est important de partir du risque pour déterminer le rendement et non l’inverse.

Si vous cherchez le rendement maximum sans tenir compte des risques (ce que nous avons pourtant tous fait lorsque nous avons débuté), vous allez très certainement prendre des positions trop risquées pour vous.

Cela ne vous dérangera pas tant que vos placements progresseront, car ils progresseront fortement. Par contre, lorsqu’ils baisseront, ils baisseront violemment. Et là, vous serez surpris.

Vous serez surpris par l’ampleur des pertes et cela vous sera insupportable. Et la seule solution que vous trouverez sera de tout vendre et de prendre vos pertes… Au pire moment.

C’est pour éviter des pertes insupportables que vous devez veiller à ce que vos placements ne dépassent pas un certain niveau de risque.

Le rendement compatible avec votre limite de risque

Lorsque vous avez déterminé la volatilité à ne pas dépasser, vous pouvez en déduire le rendement que vous pouvez atteindre.

Pour un même niveau de volatilité, vous différents niveaux de rendement sont possibles. Ainsi, vous pouvez avoir une volatilité élevée et un rendement très faible si vous faites n’importe quoi. Bien évidemment, vous vous efforcerez d’obtenir le rendement le plus élevé possible parmi tous ces rendements. Comment ? Grâce à la diversification qui permet de réduire le risque à rendement donné.

L’allocation de vos actifs

Lorsque vous disposerez de votre couple rendement risque cible, vous combinerez vos différents investissements de manière à ce qu’ils s’approchent de ce couple de référence. Vous pourrez donc tout à fait investir dans des actifs risqués de types placements en actions ou cryptomonnaies, même si vous êtes prudent. Il faudra juste que leur part dans vos investissements reste compatible avec vos objectifs de rendement et de risque.

Si vous suivez cette méthode, vous saurez où vous allez et pourquoi. Vous ne craindrez pas de devoir tout vendre parce que les pertes que vous subissez sont insupportables et il y a de grandes chances que vous atteigniez votre objectif.

 

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Illustration : investissement de 100 000 euros dans un contrat d’assurance vie

Imaginons que vous disposiez d’un capital de 100 000 euros à placer à la suite d’une donation (cela fonctionne aussi avec un héritage ou un gain au jeu).

Vous êtes propriétaire de votre maison, vous avez des enfants qui entreront dans la vie active dans 10 ans et vous et votre conjoint(e), vous prendrez votre retraite d’ici 15 à 20 ans.

Vous et votre conjoint(e) travaillez et mettez chaque mois un peu d’argent de côté. Vous disposez d’une épargne de précaution.

La donation était initialement de 150 000 euros mais vous avez utilisé 50 000 euros pour des dépenses courantes et des travaux que vous envisagiez depuis longtemps. Vous en avez même profité pour partir en voyage (pendant les travaux). Par ailleurs, vous avez quelques économies placées sur une assurance vie.

Vous ne devriez donc pas avoir besoin de ces 100 000 euros avant 10 ans. Qu’en faire ?

Comme vous estimez que 10 ans est une durée trop courte pour investir dans l’immobilier locatif et que vous n’avez pas besoin pour l’instant de revenus complémentaires (qui seraient par ailleurs fortement taxés), vous décidez d’ouvrir un (bon) contrat d’assurance vie au sein duquel vous pourrez capitaliser vos plus-values sans taxation.

  • Vous savez que votre horizon temporel est d’au moins 10 ans.
  • Vous avez évalué votre profil d’investisseur, vous êtes plutôt prudent.
  • Votre objectif est simple : faire fructifier ce capital.
Caractéristiques de l'investissement

À partir de ces éléments, vous en déduisez (grâce aux outils professionnels dont vous disposez) que la volatilité de votre contrat ne devra pas dépasser 9,5 %.

Volatilité admissible

Vous vous construisez donc un portefeuille mixant unités de compte et fonds en euros dont la volatilité attendue ne dépassera pas 7 %. Pourquoi pas 9,5 % ? Parce que vous savez que vous serez très inquiet si votre portefeuille perd plus de -20 %. Vous calibrez donc votre portefeuille pour éviter autant que faire se peut d’atteindre un tel niveau de pertes.

Vous y perdez un peu en rendement mais c’est le prix de votre sécurité. Vous vous fixez donc un objectif de 7 % de risque et de 4,7 % de rendement.

Allocation d'actifs

Comme vous êtes plutôt calé en calculs, vous avez estimé que sur 10 ans, votre capital devrait avoir progressé d’environ 50 %. Mais comme vous savez que ce n’est qu’une moyenne vous avez aussi estimé que si tout se passe pour le mieux, vous pourriez multiplier votre capital par 2,5.Par contre, dans la situation la moins favorable, vous pourriez perdre jusqu’à -10 %.

Espérance de gain - intervalle de confiance

Comme cet intervalle est large, vous décidez de suivre régulièrement votre portefeuille pour éviter toute fluctuation excessive et tendre vers cet objectif de progression de +50 ù d’ici 10 ans.

Et maintenant ?

Vous l’aurez compris, bien placer un capital nécessite de mobiliser des compétences spécifiques que vous ne possédez pas forcément.

Vous pouvez néanmoins les acquérir relativement rapidement si vous êtes motivé. Vous ne deviendrez pas un professionnel mais vous éviterez les erreurs les plus fréquentes et vous devriez obtenir sur le long terme des résultats proches de vos objectifs.

Si vous n’avez pas de temps, vous pouvez faire appel à un professionnel.

Conseiller financier indépendant
Titulaire d'un master en gestion de patrimoine et docteur en économie.

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